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Autour des nouvelles frontières du tourisme


Notes et réflexions autour de la publication du livre collectif :
En explorant les nouvelles frontières du tourisme, Ed. Nire Negro, Coyhaique, Chili

 

 

par Fabien Bourlon et Mauricio Osorio

 

 


L'article en format PDF

 


 

"Le tourisme peut réduire la pauvreté, éduquer et préserver les ressources culturelles, naturelles et patrimoniales.
Mais lorsqu'il est fait de manière médiocre, le tourisme ne fournit pas de bénéfices locaux et peut détruire les ressources emblématiques d'une destination.
"

Jonathan B. Tourtellot
"Fellow" de la National Geographic et Directeur fondateur du Center for Sustainable Destinations (CSD)

 

 

Regard sur la barque qui part et... naufrage en Patagonie (photos F. Bourlon).

 


Brève exploration des nouvelles frontières du tourisme…

Le tourisme en tant que phénomène global a atteint et investi les régions les plus reculées, main dans la main avec la mondialisation de l'économie et de la culture. Tant dans son apparition parfois éphémère que dans son installation durable, il laisse une empreinte indélébile partout. Les problèmes que ce phénomène a généré et continuent de provoqueront été analysés jusqu'à peu de manière marginale par les sciences économiques et sociales. Ce n'est qu'à la fin du XXe siècle que le tourisme commence à susciter l'intérêt des sciences humaines ainsi que celles axées sur l'environnement. Par la suite les études scientifiques se développent, elles sont aujourd'hui encore en cours de consolidation. Les concepts clés et les approches innovantes pour l'aborder ont émergé à partir de nombreux paradigmes théoriques de disciplines telles que la géographie, l'anthropologie, la sociologie, l'économie, ainsi que l'utilisation et la gestion des ressources naturelles, l'étude des formes de développement, de la psychologie du comportement, du marketing et de la gestion des entreprises, entre autres.
A l'instar de tous les domaines de recherche émergents, il n'existe pas de consensus ou d'accord entre les chercheurs spécialisés qui étudient le tourisme, sur comment le définir, l'analyser et le quantifier de la meilleure façon. La définition opérationnelle du tourisme, élaborée et diffusée par l'Organisation mondiale du tourisme (l'OMC http://media.unwto.org/en/content/understanding-tourism-basic-glossary), "Le tourisme est un phénomène social, culturel et économique qui implique le déplacement de personnes vers des pays ou des endroits situés en dehors de leur environnement habituel à des fins personnelles, professionnelles ou autres affaires" , ne parvient pas à expliquer entièrement le phénomène et toutes ses implications. C'est pour cette raison qu'il semble nécessaire d'approfondir une pensée critique et un travail sur les fondements de la recherche sociale sur le tourisme.

Il ne s'agit là pas d'une tâche facile. Les centres de recherche dans différentes parties du monde travaillent pour définir les bases scientifiques du tourisme. Dans cette optique, le Centre pour la Recherche sur les Ecosystèmes en Patagonie (CIEP), dans la région d'Aysén, Chili, a investi ce champ thématique en encourageant depuis plus de six ans, la recherche sur le tourisme et le développement régional. Cet engagement s'est matérialisé avec la création en 2009 d'une unité spécialisée dans le tourisme durable et le tourisme scientifique. Conçu comme un espace d'échanges et de réflexions sur les dynamiques du tourisme et des territoires, le département dispose d'une équipe de chercheurs qui ont analysé la situation du tourisme en Patagonie chilienne. Ici la thématique est considérée comme l'un des axes clefs du développement économique bien que dans la pratique il ne ce soit pas concrétisée en raison de plusieurs facteurs, sujet par ailleurs en cours d'études au sein du CIEP.

Dans cette perspective de réflexions et de diffusion des études sur le tourisme, le département a organisé, à partir de 2007, divers événements universitaires internationaux, afin de faire connaître et de partager les progrès en cours dans la recherche scientifique dans le domaine. C'est dans ce cadre d'action qu'a été organisé en avril 2011, le symposium "Tourisme, Territoires et Sociétés: le développement durable basé sur la recherche scientifique et la gestion intégrée". Cet événement a réuni des chercheurs chiliens, brésiliens, européens et nord-américains. Les questions clés soulevées étaient les suivantes: Quels sont les paramètres de l'expérience touristique ?; Le déplacement est-il un élément clé de l'expérience du voyage ?; Quelle est la différence entre les voyageurs et les touristes, voire les ethnographes?; Quelles sont les limites des expériences "construites" au sein du tourisme ?; quand et comment le tourisme peut-il contribuer au développement durable?; Comment fonctionne le phénomène touristique en relation avec les théories anthropologiques et les concepts d'acculturation, d'authenticité, et de construction identitaire?; quelles sont les priorités de recherche et les plans d'action pour soutenir le développement du tourisme dans les zones de marge ou peu touristifiées?
La diversité des perspectives et des résultats présentés lors du Symposium, ont servi de base au livre que le lecteur a maintenant entre ses mains et qui propose une synthèse des sujets clés associés au développement du tourisme. Un groupe de chercheurs ayant participé au Symposium ont été invités à produire des articles pouvant nous permettre de répondre aux trois dimensions des études associées au tourisme: les fondements théoriques, l'application à l'analyse des contextes territoriaux et culturels peu touristifiés, et son rapport au développement local.

Les treize articles finalement retenus nous ont permis d'organiser le livre en trois chapitres. Le premier, appelé "approche critique du tourisme contemporain", débat de la pertinence et de l'applicabilité de différents concepts transversaux dans le domaine du tourisme dans les espaces dits périphériques. Il permet également de jeter un regard critique sur les changements qu'entraîne le tourisme. Philippe Bourdeau ouvre cette discussion en analysant les formes touristiques modernes, postmodernes et transmodernes. Il pose la question des marges et des limites du tourisme, et formule l'hypothèse que notre société est entrée dans une aire post-touristique. Pour sa part, Jean Corneloup propose une réflexion sur la créativité extrême observée au sein des nouvelles formes du tourisme, une créativité culturelle qui mobilise les systèmes récréatifs et touristiques en créant de nouvelles dynamiques de développement socio-économique inattendues. Si les deux propositions précédentes se concentrent sur l'observation et l'étude des changements en matière de tourisme en occident, Franck Michel, lui, analyse les marges du système, tant ceux ultra-touristifiés que ceux qui seraient en passe, ou obligées, de le devenir. A partir des nouvelles complexités planétaires, les mobilités volontaires ou forcées, les nouveaux intérêts exprimés par les touristes, Michel réfléchit sur la complexité au sein de laquelle le tourisme s'est développé et les impacts sociaux qu'il peut engendrer sur les communautés d'accueil. Pour clore ce premier chapitre, Douglas Tompkins suggère une nouvelle utopie dans le contexte du post-capitalisme: la "Nouvelle Economie". Sa proposition appliquée au développement du tourisme dans les zones rurales et naturelles propose pour surmonter la crise actuelle, à partir dudit système, de mettre l'accent sur l'éco-localisation des relations socio-économiques, le besoin d'accorder la priorité à l'esthétique et à la biodiversité, selon lui les facteurs clés de la durabilité.
Le deuxième chapitre, "Quelles sont les nouvelles perspectives pour le tourisme dans les extrêmes géographiques?", réunit quatre contributions consacrées à la mise en œuvre de nouvelles propositions pour son développement dans les zones marginales au système actuel du tourisme de masse et d'intérêt spécifique. En premier lieu, Bourlon et Mao introduisent le modèle du tourisme scientifique, développé dans le cadre du projet "Centre de Tourisme Scientifique de la Patagonie", piloté par le CIEP depuis 2009. Ils montrent comment une destination peut axer son développement territorial et touristique autour de niches. Dans ce projet, la science devient une ressource pour le territoire et un facteur d'attractivité touristique. Les confins géographiques peuvent être le support de créativités et d'innovations, hors des grands centres culturels. Cependant, ce modèle ne pourrait pas avoir été conçu et mis en œuvre sans une compréhension sociogéographique globale du territoire d'Aysén. Ce travail est présenté par Escobar et Bourlon, à partir d'une analyse détaillée de la situation socio-économique et des différents plans et programmes de gestion territoriale, de leurs forces et de leurs faiblesses. La troisième contribution de ce chapitre propose et explore une catégorie sociale permettant d'expliquer les transformations des modes de vie au sein des communautés d'Aysén. Rojas et Torres font valoir que, depuis la fin des années 1970, on peut vérifier la réalité d'un phénomène qu'ils nomment "les formes touristiques de vie", qui, selon leur thèse, surgissent "avec" la construction de la "Route Australe" (Carretera Australe). En s'appuyant d'éléments des formes de vie traditionnelles et celles provenant des échanges culturels entre visiteurs et hôtes. Le chapitre se termine avec l'apport de Bregolin et Rudzewicz qui abordent la problématique de l'intégration de nouveaux territoires au système touristique. Ils proposent un modèle de gestion concerté qui profite principalement aux populations vivant dans ces territoires. Ce modèle de gestion suppose, entre autres éléments importants, une gouvernance et un renforcement des réseaux socioculturels des communautés elles-mêmes.
Le dernier chapitre, "Tourisme et société locale, une gestion intégrée est-elle possible?", questionne les changements et les dynamiques induits par la transformation pour et par le tourisme d'une région et la capacité des communautés locales à prendre part de ces processus. Sont présenté ici des résultats de recherches universitaires et de travaux dits "d'actions participatives", en montrant comment se développent les sciences du tourisme dans la région d'Aysén. Cinq contributions structurent ce dernier chapitre. Dans le premier, Mena engage une réflexion sur les implications et les problèmes que pose la relation complexe entre tourisme et patrimoine culturel. Il souligne la nécessité fondamentale du renforcement des processus éducatifs et sociaux dans l'appropriation du patrimoine, ceci afin de le protéger et de l'intégrer à la filière touristique. Dans cette ligne de recherche et à partir d'un travail empirique, Boldt, Osorio et Montti, présentent leur action au Cerro Galera, zone rurale proche de la ville de Coyhaique. A partir d'une "recherche action-participative" est ainsi appréhendée la gestion de l'accès des communautés locales au tourisme local et régional, basée sur une approche éco-touristique. De son coté, Gale présente les résultats de ses recherches sur les modes de vie locaux et les conditions en place pour affronter les défis du développement du tourisme alternatif. L'auteur aborde les compétences, les aptitudes et les vulnérabilités de ces modes de vie, apportant des perspectives intéressantes pour l'intervention et le soutient actif des communautés locales. Les deux derniers articles de cette section examinent la relation entre l'application de principes éthiques et les échanges culturels liés au tourisme. Szmulewicz et Veloso partagent l'approche éthique qui régit leur travail universitaire et leurs interventions sociales pour son développement. Muñoz, quant à elle, questionne le dialogue interculturel que génère le tourisme, quand il se fonde sur des principes de tolérance ou moraux, tant par les gestionnaires de l'expérience touristique que par les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette expérience: le visiteur et l'hôte.

Le titre choisi, "Les Nouvelles Frontières du Tourisme", exprime, d'une part, l'ouverture qu'a signifié le phénomène du tourisme pour des territoires et cultures qui semblaient en dehors de sa sphère d'influence et, d'autre part, les nouvelles relations et mutations sociales, culturelles et économiques, induites par son expansion. Il invite à porter un regard nouveau, multiculturel et interdisciplinaire sur ce phénomène complexe et clé du XXIe siècle qu'est le tourisme. Les nouvelles frontières qui s'annoncent doivent être étudiées si nous souhaitons véritablement faire du développement du tourisme la "grande opportunité" et le moteur de l'innovation ou de la créativité territoriale, tout en comptabilisant l'économie durable, la participation locale active, l'identité et le renforcement de l'environnement naturel et patrimonial.

En guise de conclusion de cette introduction, il est important pour nous de mettre en évidence certains résultats précis de la réunion internationale d'avril 2011. Cela fut un événement multiculturel, interdisciplinaire et remarquable dans l'intérêt et la volonté des personnalités nationales et internationales à travailler ensemble vers un développement plus durable, respectueux des milieux culturels, des environnements et des réalités socio-économiques de notre temps. Nous voyons là une prise de conscience croissante de la communauté du pouvoir du tourisme, mais aussi des enjeux par un regard critique sur cette industrie. La complexité du phénomène du développement du tourisme mondial dans des endroits éloignés ou "fragiles", tant d'un point de vue environnemental que culturel, et le besoin évident d'étudier les territoires souhaitant devenir des nouvelles destinations, tant à partir de la géographie, l'anthropologie, la sociologie, l'économie, l'utilisation et la gestion des ressources naturelles, la psychologie du comportement, des études de marketing que de la gestion commerciale.

Le groupe "non au barrage" et Steffen le cyclope... (photos F. Bourlon).

 

Notes complémentaires autour de quelques concepts et invitation aux débats sur le tourisme…

Les débats au cours des ateliers ont montré que les approches réductionnistes du tourisme (économiques, psychologiques, culturelles) sont extrêmement limitées dans leurs capacité à expliquer les nouvelles tendances qui ont émergées ces dernières années, notamment au regard des réponses complexes que les communautés locales formulent pour faire face à leur influence.

Au regard des présentations il apparaît que certaines approches simplifient ce phénomène complexe suivent deux points de vue. D'une part, certains (Bourdeau, Corneloup, Michel) montrent le tourisme comme phénomène de mode qui se centre sur une tendance à vouloir fuir les réalités et les difficultés et complexités sociales modernes (le tourisme comme exutoire social) et qui traite alors la chose sous le prisme de la "disneylandisation" (Michel, 2011) en cours dans le monde, en amalgamant le tourisme de loisir avec la société de consommation, ennuyée et frustrée et a la recherche d'espaces de fuites.

Dans ce scénario, au cœur de ce qui semble être le siècle de l'hyper-médiatisation pour la consommation, tout semble pouvoir être touristique, tels le "tourisme sexuel", le "Dark Tourism", le tourisme de la guerre ou du narcotrafic ! Nous voulons tous être des touristes, "consommant des lieux" et vivre des expériences ludiques.

À l'autre extrême, pour d'autres auteurs (Michel, Mao, Bourlon, Muñoz, Gale, Osorio) et sous le prisme de "l'alternative", le tourisme est analysé comme un nouvel outil de développement et façon de donner du sens au sein de notre civilisation, avec le renforcement des identités locales, la protection sociale et économique. Paradoxalement les exemples présentés par ces auteurs montrent que le développement économique basé sur le tourisme comporte des faiblesses et risques en termes de durabilité, sociale et locale, et qu'il ne peut simplement pas résoudre les défis du développement économique local sans un d'autres traditions productives (Gale, Bregolin & Rudzewicz, Rojas & Torres, Escobar & Bourlon). Les effets d'acculturation asymétrique liés à la mondialisation, ou encore le changement des valeurs sociales telles que l'hospitalité spontanée et désintéressé (Michel, Muñoz), sont des phénomènes de plus en plus complexes à aborder. Par ailleurs les voyages "alternatifs", même de qualité, qui souhaitent défier les modes de vie urbains et les voyages de loisirs de mass, au travers de voyages initiatiques et de rencontres dans des cadre de vie traditionnels, censés être plus respectueux de l'environnement, apparaissent aussi chargées des motivations troubles du voyageur moderne (Michel).

Les participants ont débattu concluant finalement que les deux points de vue généraux étaient limités dans leur approche, existant le besoin de nouveaux forum plus larges pouvant fournir une approche plus intégrale que celle basé sur des regards de disciplines académiques spécifiques, afin d'expliquer et de répondre aux inquiétudes des communautés locales. Comme le constate Franck Michel, au travers de l'application de méthodologies pour le développement d'un tourisme véritablement durable, participatif et basé sur la responsabilisation locale (Gale, Boldt et al, Muñoz). L'invitation est aussi à considérer de façon permanente l'application d'approches éthiques (Szmulewicz & Veloso), créatives (Bourdeau, Corneloup, Tompkins), associatives (Bourlon & Mao, Boldt et al, Bregolin & Rudzewicz et autres) et culturellement responsable (Mena, Rojas & Torres Muñoz).

La genèse de ce livre né du besoin de considérer des points de vus opposés de manière plus interconnecté. Le texte qui en résulte se propose d'être un forum pour prolonger les débats, le début d'une exploration pour relier des visions de chaque discipline académique et proposer des approches théoriques et pratiques pour aborder le phénomène touristique au sein de notre société d'aujourd'hui.
C'est ainsi que nous proposons une nouvelle hypothèse pour de nouvelles recherches et rencontres académiques : dans ce scénario confus et turbulent actuel, le "Sud" peut enseigner au "Nord" de nouveaux chemins vers un renouveau social…

C'est dans le Sud qu'un changement semble se produire: de nouvelles dynamiques sociales et culturelles associées au développement du tourisme et la genèse de mouvements sociaux ou les utopies modernes telles que la "Deep Ecology", les mouvements pour la permaculture ou "alternatifs", les associations professionnelles et commerciales fondées sur des principes éthiques et de responsabilité socio-environnementale, vont à l'encontre d'autres initiatives qui sont souvent du "greenwashing" (blanchiment d'image) du fait de leurs propositions basées uniquement sur l'éco-marketing.

Les périphéries, les territoires encore en dehors du développement touristique (Escobar & Bourlon), proposent et invitent à voir les choses d'une autre façon. Les endroits où les modes de vie traditionnels proposent au voyageur de repenser leurs habitudes et les tendances modernes, modes de vie frénétiques, consommation sans esprit critique, valeurs et habitudes basé sur l'idée du "tout jetable", au travers de modes de voyage alternatifs (Corneloup, Michel, Bourlon & Mao).

Tels que le suggèrent les débats durant le symposium des évidences au sein de régions isolées du sud du Chili montrent que des changements sont en cours, de nouvelles dynamiques sociales et culturelles prennent force et semblent changer les paradigmes associés au développement du tourisme. De nouveaux débats et mouvements sociaux surgissent qui exigent aux États de concilier les usages multiples des ressources naturelles et culturelles (Escobar & Bourlon).

La Patagonie, partie intégrante de ces "Suds", tant dans la réflexion que l'action, montre en son territoire un contexte social et un milieu naturel propice pour avancer sur les questionnements théoriques et pratiques liés au tourisme, en tant que phénomène depuis les zones d'extrêmes tout en restant liée aux centres, d'où proviennent les visiteurs. On observe une altération de la théorie des équations et de la pratique qui a prévalu en tant que locus ; les centres irradiaient leur modèle pour expliquer, contester et transformer la réalité. Il se pose désormais le besoin d'une nouvelle attitude de dialogue, avec un nouveau locus pour décentrer la pensée et la pratique depuis les Suds et les extrêmes et l'émergence d'approches théoriques et pratiques interdisciplinaires qui se focaliseraient sur les relations complexes entre les "pôles".

En expédition touristique et à bord du vaisseau, en route pour d'autres savoirs... (photos F. Bourlon).

 

Remarques

- Dans sa première partie, le présent texte reprend les grandes lignes de l'introduction du livre En explorant les nouvelles frontières du tourisme, paru au Chili à la fin de l'année 2012 (Ed. Nire Negro, Coyhaique), et dans sa seconde, il précise certains concepts et tente d'ouvrir de nouvelles pistes de réflexion autour des questions du tourisme scientifique en Patagonie chilienne ou ailleurs.

- Pour en savoir plus : le lecteur est invité à lire et à commenter le contenu de ce livre à travers les sites http://turismosustentableaysen.wordpress.com, www.ciep.cl et www.turismocientifico.cl (depuis novembre 2011). Les auteurs sont ouverts à la discussion et la réflexion constructive, un processus nécessaire pour consolider, dans les années à venir, le tourisme dans les périphéries.

- Les deux auteurs de cet article : Fabien Bourlon (fabienbourlon@ciep.cl) est géologue et chercheur. Il est directeur du Projet de Tourisme Scientifique de la Patagonie et spécialiste en développement touristique durable du Centre d'Etudes sur les Ecosystèmes de la Patagonie (Centro d'Investigaciones en Ecosistemas de la Patagonia, CIEP), Université Australe du Chili. Mauricio Osorio est anthropologue et chercheur au CIEP.

Dans la vallée de Chacabudo, explications géologiques et résistance au vent... (photos F. Bourlon).