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Chemin de mémoire et chemin de croix



par Georges Yoram Federmann

 


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Retour sur le camp oublié de Schirmeck... (photo FM)



Chaque année, depuis sept ans, avec le soutien du CERD (1) - Centre Européen du Résistant Déporté -, nous organisons " une visite en creux " des lieux de mémoire de la Vallée de la Bruche dans le cadre de la Semaine des Oubliés de l'Histoire (2).

Nous partons de la Place de Bordeaux (3) à Strasbourg. Cette place est un nœud routier (c'est une des deux entrées de Strasbourg vers les Institutions Européennes) dont l'origine de la dénomination n'a plus de sens pour les Strasbourgeois. Y siègent l'antenne régionale de France 3, le Palais de la Musique et des Congrès rebaptisé Pierre Pflimlin (4) et deux grands hôtels. Il y a à proximité des rues dont les noms sont dédiés à des députés « protestataires », alsaciens ou non, membres de la chambre législative française qui en 1871 se sont « opposés », de Bordeaux, dès le 1 er mars, à la clause (légale, rappelons-le) qui impliquait l’ annexion de l’ Alsace et de la Lorraine ,du futur Traité de Francfort, du 10 mai 1871 (5). L’unité « Alsace-Lorraine » naît avec ce Traité : c’est le Reichsland Elsass-Lothringen.

A titre signifiants on peut associer comme repères chronologiques contemporains de cette époque le décret Crémieux pour l’Algérie et la Commune de Paris qui va durer près de deux mois et s’achever sur la Semaine Sanglante du 21 au 28 mai 1871. La guerre est perdue face aux Prussiens. Paris capitule. La France abandonne l’Alsace-Lorraine mais le pouvoir bourgeois trouve les ressources pour écraser dans le sang la Commune.
Bordeaux, décidément, c’est encore là que Pétain opère son coup d’état " soft " le 17 juin 1940 pour prendre le pouvoir et inscrire le pays dans une collaboration durable, servile et engagée. La deuxième annexion de l’Alsace et de la Lorraine se fait alors illégalement (6). La méconnaissance officielle d'une grande partie de l'histoire de l'Alsace-Moselle oriente notre rapport à la mémoire (7).
Nous nous intéressons particulièrement à ce qui est en creux et à ce qui est refoulé. On peut s'engager sur les traces du Chemin de la Mémoire et des Droits de l'Homme. (8) L'idée à l'origine du tracé de ce chemin est de pouvoir relier à pied la majeure partie des 18 lieux qui marquent et constituent les traces de l'installation du système totalitaire nazi en Alsace entre 1940 et 1944.
Habituellement, nous encourageons le devoir de mémoire destiné à favoriser dans l'esprit des générations nouvelles l'ancrage de la conviction ou de l'injonction: " plus jamais ça " Une meilleure connaissance de l'histoire et de la fonction de ces lieux " en creux "nous fait prendre conscience que le devoir de mémoire demande à être dépassé par le devoir de connaissance.


Pourquoi ces lieux ont-ils été (volontairement ou non) oubliés ?

1) Nous nous arrêtons au pied du Mémorial d'Alsace Moselle.

Sa masse futuriste qui permet d'apercevoir le mémorial du Struthof en ligne directe, impose de manière martiale la conviction que nous avons intégré et compris le concept de Malgré Nous (9).
Mais l'inauguration de ce mémorial a été marquée par une sorte " de péché originel " constitué par l'absence du Président de la République de l'époque en juin 2005. Nous avons acquis la certitude que son absence ainsi que l'absence du secrétaire d'état aux anciens combattants de l'époque, M. Mekachera, était due à la conviction au niveau des plus hautes autorités de l'Etat que les Malgré Nous étaient des volontaires. (Voir lettre à Jean Kahn- 7) ; C'est le secrétaire d'état alsacien de l'époque, François Loos, qui a été dépêché à cette inauguration comme si la France réduisait le sens de cette question à sa dimension loco-régionale.
La méconnaissance du statut de Malgré Nous ou dit autrement " des incorporés de force " constitue une fois de plus la dénégation du fait que l'Alsace ai été abandonnée par deux fois par la France à l'Allemagne, en 1871 légalement par le traité de Francfort et en 1940 lors de l'annexion de fait par le 3ème Reich.
A chaque fois …de Bordeaux !
Cet abandon est marqué par le mépris de la France pour ces soldats enrôlés de force dans la Wehrmacht et dont un tiers n'est pas revenu de l'Est.
Aujourd'hui on continue à ne pas vouloir intégrer cette partie de l'histoire collective dans l'histoire de France comme si on continuait à mettre en exergue et à glorifier l'adhésion à la guerre (gagnée ou perdue) et comme si les statuts de déserteur ou de réfractaire continuaient à être méprisables. Il n'y a eu quasiment aucune désertion, en territoire annexé entre 1940 et 1944, car la sanction frappait toute la famille qui était déportée à l'Est. Seul le Manuel d'Histoire franco-allemande aborde cette question dans son tome 2, paru en 2008, à notre connaissance (10).

2) La deuxième étape de notre chemin nous mène, ou devrait nous mener à l'emplacement de l'ancien camp de Schirmeck, centre de redressement des réfractaires Alsaciens-Lorrains, mais l'absence totale de signalétique pourrait nous obliger à errer tout le reste de la journée à la recherche de ce lieu devenu improbable.

Il faut nous repérer par rapport à l' " Intermarché " (ex " Mousquetaires de la distribution "). Ce ne sont pas les autochtones qui nous aideront car eux-mêmes pour la majorité d'entre eux, ont oublié cette partie de leur histoire et ceux qui s'en souviennent, préconisent de ne plus y toucher pour la paix des familles.
En cherchant mieux, on va retrouver trois vestiges, la baraque du commandant qui est habitée par un particulier, un immeuble qui servait d'usine et qui a été transformé en douze logements sociaux et le chenil qui fait partie d'un jardin privatif aujourd'hui. Aucune inscription autre que la plaque sur la baraque du commandant qui est la seule charge imposée au propriétaire actuel, mais aucune autre référence, aucune autre indication ne pourrait nous permettre de nous souvenir que se trouvait là le camp de Schirmeck.

3) Nous allons à la gare de Rothau ensuite où figure une plaque commémorative qui a été déplacée de la salle d'attente à l'extérieur de cette gare, qui petit à petit tombe en désuétude.

Il y a aussi à l'extérieur le panneau " du Chemin de la Mémoire et des Droits de l'Homme ". Là se situe le cœur mécanique du système totalitaire nazi puisque les premiers déportés gravissaient le chemin vers le Struthof à pied à partir de la gare en passant devant la poste d'où les observait, au péril de sa vie, la postière Madeleine Brulée qui vient de nous quitter et que la Poste a honorée, en 2012, en donnant son nom à une salle de la Grande Poste de l'avenue de la Marseillaise à Strasbourg (11).
Peu de monde s'arrête à la gare par où est passée la majorité des 50 000 internés du Struthof.

Plaques apposées sur les murs de la gare de Rothau. (photo FM)

 

4) Par la suite nous allons vers la Chambre à Gaz, par le chemin des écoliers, celui qui dirige vers le restaurant " chez Dany depuis 1823 ".

En prenant ce chemin on tombe directement sur le restaurant en pleine activité où l'on peut déguster des plats alsaciens et boire une bonne bière à 20 mètres de la chambre à gaz qui en était l'ancienne salle de bal.
Aucune distinction ne permet de séparer dans notre regard ce restaurant bucolique de la sordide chambre à gaz.
Or, c'est là le lieu de l'accomplissement le plus élaboré, selon nous, de l'idéologie médicale totalitaire nazie (12).

5) Nous ne nous arrêterons pas au Camp du Struthof dont Boris Pahor (13) parle comme d'un lieu fréquenté par les touristes qui ne peuvent prendre la mesure de ce qui s'est passé ici dans " Pèlerin parmi les Ombres " et nous achevons notre parcours par la carrière.

6) Cette carrière " sélectionnée " par le géologue Blumberg et qui a imposé aux nazis la construction du camp à partir de cette détermination. Mille prisonniers y étaient réduits en esclavage pour extraire le granit rose destiné à élever les monuments du Troisième Reich.

Un restaurant où s'alimenter et la chambre à gaz à visiter, au Struthof... (photo FM)

 

Ce périple à travers une partie de l'histoire moderne de la région nous fait prendre conscience que les pouvoirs publics ne souhaitent pas définir les modalités d'une transmission fidèle et didactique.
Sans doute parce qu'il faudrait alors admettre que l'adhésion des médecins au nazisme n'a pas été accidentelle et criminelle mais structurelle.
Sans doute aussi parce que il nous faudrait reconnaitre le poids de la collaboration Vichyste dont celles de figures de référence comme celle de Pierre Pflimlin ou du professeur René Leriche ainsi que de la difficulté de résister en territoire annexé et que toutes ces marques de l'Histoire s'opposeraient alors au mythe de la France unanimement résistante et martyre que De Gaulle accrédita par génie fédérateur au prix d'un révisionnisme et d'un négationnisme assumés.

Le professeur René Leriche est un de nos plus illustres chirurgiens, précurseur du traitement de la douleur, à l'écoute de ses patients. Il a donné son nom à de nombreuses rues et institutions médicales et à des pinces utilisées encore aujourd'hui par tous les chirurgiens. Je n'ai pas été étonné d'apprendre qu'il avait été nommé président de l'Académie de chirurgie en 1954. Mais le grand praticien a aussi été le premier président du conseil supérieur de l'Ordre des médecins à sa création par Vichy, en 1940, et a occupé ces fonctions jusqu'en décembre 1942. Il s'en est justifié en affirmant que le conseil de l'Ordre, à l'instar du gouvernement de Vichy, avait servi de bouclier face à l'occupant nazi.
Rappelons que l'Ordre a été institué par la loi du 16 août 1940 et que c'est à partir de l'automne 1940 que le gouvernement de Vichy lança une offensive d'ordre législatif contre les juifs résidant en France. Rappelons que l'opération policière réalisée contre les juifs de Paris " Vent printanier ", plus connue sous le nom de " Rafle du Vél' d'Hiv '", eut lieu les 16 et 17 juillet 1942.
Rappelons que la Solution Finale date du début 1942. Le Conseil de l'Ordre a participé au recensement des médecins juifs, à leur exclusion ; il a adopté une politique de répression vis-à-vis d'eux et il a participé à la spoliation de leur cabinet. Cette page sombre de l'histoire récente doit être transmise aux étudiants en médecine. Le silence actuel des enseignants dans toute la France ne peut être interprété que comme l'illustration de " l'archaïsme ", à leurs yeux, de Vichy et de ses lois anti-juives. Ils continuent à entretenir l'idée que Vichy a été un accident, et que la médecine ne peut servir que le bien qu'elle incarne forcément en assumant une forme incontestable de " révisionnisme pas défaut ".

La carrière où furent envoyés les déportés pour le travail forcé, près du Struthof
(photo FM)

 

 

Notes

(1) CERD au Struthof : http://www.struthof.fr/fr/le-centre-europeen. Le site a été inauguré le 3 novembre 2005 par le Chef de l'Etat.

(2) Les Oubliés de l'Histoire : http://www.lesoubliesdelhistoire.org/site/ Association qui organise depuis 7 ans, à Strasbourg, une semaine d'information en avril sur le destin des minorités stigmatisées et exterminées par le régime totalitaire nazi.

(3) En mémoire de la " Protestation Solennelle " contre l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine, proclamée devant l'Assemblée Nationale, à Bordeaux, le 1er mars 1971. La plupart des rues avoisinantes portent le nom des députés protestataires comme Gambetta, Lauth, Edouard Teutsch, Charles Appell, Jacques Kablé, Jacques Preiss, Charles Grad, Paul Déroulède et l'Abbé Winterer.

(4) Pierre Pflimlin : Président du Conseil sous la 4ème République, maire de Strasbourg de 1959 à 1983, Président du Parlement Européen de 1984 à 1987… mais aussi collaborateur du secrétariat général à la jeunesse et juge d'instruction de 1941 à 1944 à Thonon-Les-Bains… sous Vichy ! Cf. Georges Yoram Federmann : " Pour atteindre les sommets ", Espoir, Colmar, octobre 2010, n°139, p. 13 ; et Pierre Kretz et Astrid Ruff, L'Alsace pour les nuls, Ed. First, 2010, pp. 421-422.

(5) Traité de Francfort : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Francfort

(6) Le 17 juin à Bordeaux, le maréchal Pétain, le " vainqueur de Verdun ", âgé de 84 ans, est appelé à la présidence du Conseil. Il demande l'armistice à l'Allemagne, signant la défaite de la France, la fin de la IIIe République et s'engageant dans la politique de collaboration avec l'occupant. Les conséquences seront dramatiques pour les millions de réfugiés en France et particulièrement pour les Français. Ce même 17 juin à Bordeaux, Aristides de Sousa Mendes ne décide pas de démissionner. Il choisit d'être honnête avec sa conscience. Il choisit d'agir, de désobéir !
Pedro Nuno parle de son père et raconte : " Le matin du 17 juin 1940, Aristides de Sousa Mendes se lève, plein d'une immense énergie ". Ses cheveux sont devenus blancs.
En présence de sa femme, Angelina, de leurs enfants Pedro Nuno, José et Isabel, de son neveu César, de ses proches collaborateurs et de la famille Kruger, Aristides fait cette courte déclaration : " À partir d'aujourd'hui je vais obéir à ma conscience. Je n'ai pas le droit en tant que chrétien de laisser mourir ces femmes et ces hommes ". " Mon gouvernement refuse les demandes de visa que je lui propose. J'ai actuellement le pouvoir et la possibilité de sauver des milliers de personnes venus de toute l'Europe et fuyant les troupes allemandes. Ils espèrent trouver asile au Portugal. Ce sont des êtres humains et leur position sociale, leur origine, leur religion ou leur couleur de peau me sont totalement indifférentes. Ils ont besoin de moi, je peux leur sauver la vie, je suis chrétien et comme tel je crois que je n'ai pas le droit de laisser périr ces réfugiés, dont une grande partie sont des Juifs. Aussi, je déclare, qu'à partir de cet instant, je donnerai gratuitement un visa à quiconque me le demandera, contre les ordres iniques et injustes de mon gouvernement ". À ses enfants, il dit : " Je ne sais pas ce que le futur nous réserve, à votre mère à vous et à moi-même. Matériellement, notre vie ne sera pas aussi bonne qu'elle l'a été jusqu'à présent. Malgré tout, soyons courageux et gardons à l'esprit qu'en donnant à ces réfugiés une chance de vivre et d'échapper à la barbarie, nous aurons une chance de plus d'entrer au Royaume des Cieux, car se faisant, nous ne ferons rien d'autres que d'appliquer les commandements de Dieu ". Il sait déjà que Salazar ne lui pardonnera pas sa désobéissance.

(7) Lettre à Jean Kahn, ex-président de la Commission Consultative des Droits de l'Homme, du 14 février 2005 : " (...) Je vais te faire parvenir copie de mon article sur " les malgré Nous " qui date de 1996. J'en ai accueilli, en expertise, plusieurs centaines et, comme je vous le disais, à Nicole et à toi-même, aucun n'a mis en avant la moindre conscience politique. Ils ont été véritablement, au plan clinique, des victimes et je suis persuadé que tous ceux que j'ai vus souffriront d'être confrontés à la réalisation du mémorial de Schirmeck. Ce Mémorial va plus réactiver leurs douleurs morales et leurs cauchemars (ils en ont tous) que représenter la reconnaissance de leurs souffrances, car pour cela il est hélas trop tard, nous avons collectivement échoué. En effet, il n'y a pas eu de véritable travail de deuil et de reconnaissance réalisé en France sur ce drame représenté par l'incorporation de force et ceci restera irréparable pour tous ces gens. Il n'y aucune référence là-dessus au Mémorial de Caen et c'est significatif du fait que la France a toujours jugé les 'Malgré nous' comme des traîtres. Ces hommes ne sont pas dupes. N'eût-il pas mieux valu ériger ce mémorial ailleurs qu'en Alsace pour marquer le fait que ce soit la France qui s'approprie cette part de l'histoire et la revendique ? Cette distance ne serait-elle pas renforcée par l'absence des autorités juives ? Je suis sur ce sujet, tu le vois, plus nuancé que toi mais je puis me le permettre car je m'appuie sur la clinique psychiatrique et le fait que je d'être un des très rares psychiatres (nous sommes 3 ou 4), en France à pouvoir parler d'" expérience ". Tu peux imaginer, Jean, que cette exclusion constante de l'Alsace par la France, dès 1870, entraîne un violent retour du refoulé permanent et durable qui explique, pour moi, une partie du vote FN, et des profanations chez nous (…) ".

(8) Chemin de la Mémoire et des Droits de l'Homme, élaboré en 2005, sous l'égide du CIDH de Sélestat, avec la participation du Cercle Menachem Taffel : http://www.cidh.net/cidh/Actu/92/

(9) Voir Georges Yoram Federmann, " Que reste-t-il de nos souffrances ? ", Psychiatrie Française, septembre 1996, pp. 104-109, qui reste à ma connaissance le seul article clinique sur la question des malgré nous alsacien-mosellans.

(10) Manuel d'Histoire franco-allemand, 3 tomes: https://www.nathan.fr/manuelfrancoallemand/

(11) Voir Société d'Histoire de la Poste et de France Telecom en Alsace, 5 rue des Clarisses, à Strasbourg.

(12) Voir Georges Yoram Federmann, " L'horreur de la médecine nazie. Struthof, 1943 : qui se souviendra de Menachem Taffel ? ", Quasimodo, n°9, " Corps en guerre " (dossier), printemps 1995, pp. 109-126 ; et " Médecine et crime de masse ", Mortibus, n°10-11, " Masses et moi " (dossier), automne 2009, pp. 241-259.

(13) Boris Pahor, Pèlerin parmi les ombres, Ed. La Table Ronde, 1990.
Pahor, qui aura 100 le 28 août 2013, écrit à la deuxième page de son récit : " Un malaise confus s'éveille en moi, une résistance due au fait que ces montagnes qui sont partie intégrante de notre monde intérieur sont maintenant ouvertes et mises à nu ; à cette répugnance se mêle un sentiment de jalousie, non seulement parce que des yeux étrangers se promènent en ces lieux qui furent témoins de notre captivité anonyme mais parce que les regards des touristes ne pourront jamais (j'en ai l'intime conviction) se représenter l'abjection qui frappa notre foi en la dignité et en la liberté de l'homme. Mais en même temps, eh oui, venant d'on ne sait où, une modeste satisfaction, inattendue et un peu inopportune, s'insinue en moi, celle de savoir que les Vosges ne sont plus le domaine secret d'une mort solitaire et lente mais qu'elles attirent les foules nombreuses qui, bien que manquant d'imagination, n'en sont pas moins prêtes à compatir au destin incompréhensible de leurs fils disparus ".

 

 

Remarque

Georges Yoram Federmann est Président du Cercle Menachem Taffel (voir site du Judaïsme Alsacien : http://judaisme.sdv.fr/perso/gyfeder/index.htm). Il est également trésorier des Oubliés de l'Histoire.