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Se marier à Bali, toute une histoire...



par Franck Michel



L'article en format PDF




Elephant Trek, Man & Love.
A Taro, au nord d'Ubud, un Elephant Safari Park propose un bon nombre d'activités autour des éléphants - du trek sur leur dos à la naissance de bébés pachydermes - sans oublier des mariages arrangés à dos d'éléphants…
Ici la brochure touristique montre une Balinaise en habit traditionnel avec un éléphant de Sumatra, et une photo de jeunes mariés grimés et déguisés, hautement perchés pour l'occasion.
Les éléphants n'ont rien à voir avec Bali mais ils rajoutent une pincée d'exotisme aux mariages ainsi organisés.

 

Bali est un paradis. On ne cesse de le dire et de le répéter (on le sait en sursis, mais la passion prime sur la raison…). Pas seulement pour les surfeurs, les baigneurs ou les " cultureux ", mais aussi pour les mariés. Bali est donc une île pensée et vendue comme un paradis romantique. Pour les mariés - locaux ou étrangers - qui s'unissent ou convolent en plus ou moins justes noces, la devise de l'Indonésie, " l'unité dans la diversité ", se transforme sur le sol balinais pavé de louables intentions maritales en " l'union dans la diversité ". Mais cette diversité est-elle vraiment partagée, mutuelle, enrichissante, pour toutes les parties concernées ? Parfois oui, d'autres fois non… On a beau prétexter que " l'union fait la force ", c'est bien la désunion qui souvent arrive au bout du voyage. Cet article évoque les mariages à Bali - car la diversité c'est aussi la pluralité - en décrivant sommairement les unions autochtones et celles contractées par ou pour les visiteurs. D'une nuit ou d'une vie.

 

1. Se marier à Bali… pour les Balinais : le poids de la tradition

Si le mariage ne représente pas pour les Balinais le rite de passage le plus important d'une vie, il reste toutefois une cérémonie majeure et notamment essentielle sur le plan social. Permettant notamment de siéger " à part entière " au banjar (assemblée du village ou de quartier), il marque en effet l'entrée définitive au sein de la communauté à la fois familiale, religieuse et villageoise. Le plus souvent la fête se déroule à la maison, plus rarement au temple. Comme pour les autres grandes cérémonies hindoues, c'est le plus souvent un grand-prêtre (pedanda) qui fixe la date du mariage, même si ensuite pour les rituels, la présence du prêtre du temple (pemangku) suffira pour assurer le bon déroulement de la cérémonie.


De l'amour au mariage…

Le romantisme, tel que se l'imaginent ou le définissent les Occidentaux depuis au moins deux siècles, n'existe tout simplement pas à Bali. La séduction oui, le romantisme non. Pour les Balinais, l'amour n'est jamais platonique et toujours corporel. L'amour (physique avant tout) n'a donc " naturellement " rien à voir avec le mariage (alliance familiale avant tout). Et le " mariage d'amour " dans tout ça ? Un oxymore par excellence : l'alliance supposée des êtres représente ici d'abord une alliance de deux mots de sens (quasiment) incompatibles. Pour afficher ou prouver leur affection, les hommes balinais - qu'ils soient coureurs de jupons avertis ou simples amants dociles - ne diront pas à leur dulcinée " oh, mon ange, ma lumière, ma promise " ou " sans toi ma chérie ma vie n'est rien ", non, ils leur tapoteront les fesses, leur pinceront les joues, ou encore échangerons " nez à nez " leurs odeurs…

Langage du corps à Bali contre bataille des mots en France, à chaque culture ses codes. Quand sonne l'heure de " faire " famille, de se marier, la culture aussi met son grain de sel dans les rouages sinon les feux de l'amour. Il existe deux principaux types de mariage traditionnel à Bali : le mariage par enlèvement plus officieux et le mariage traditionnel plus officiel.



Dans le village de Pancasari, un mariage traditionnel - et ses rituels de purification - dans un milieu social issu des basses castes. Vêtus de leurs plus beaux costumes traditionnels, spécialement confectionnés pour ce jour sacré, les Balinais - riches ou pauvres, avec des nuances importantes quant aux dépenses occasionnées - se parent et se griment le mieux possible. Délaissant la classique kebaya, la future épouse porte ce jour le sabuk (ceinturon) et le saput (grand tissu, différent du sarong), tandis que le jeune mari mettra sa plus belle veste, histoire sans doute aussi de ressembler pour un jour à Rama, le héros tellement populaire du Ramayana… Ici on voit également le pedanda, entouré de ses assistantes (dont l'une est sa femme), en train d'officier du haut de son piédestal.

 

Ngerorod ou Ngorod (ou encore Nyogoting et Memaling) : " le mariage par enlèvement "

Jadis, ce type de mariage était fréquent (notamment parce que les parents de la fiancée désapprouvaient l'alliance envisagée), aujourd'hui nettement moins, mais il perdure néanmoins sous une forme plus " douce ", notamment dans les villes. Tant mieux d'ailleurs ! L'enlèvement est désormais prévu, organisé, et surtout librement consenti par la future épouse. Cette forme de mariage survit aussi car elle est généralement bien plus économique pour les familles : la cérémonie est plus simple, elle s'organise plus rapidement et les parents de la promise n'ont pas besoin (officiellement du moins) de mettre la main à la pâte ni même au portefeuille. Si l'événement est su de tous ou presque il est censé rester secret voire clandestin.

Tous les participants - amis, familles, époux - jouent en fait un complexe jeu de rôles, cela peut être parfois amusant et surtout extrêmement pratique sur le plan financier. Cette réalité sociale explique les raisons pour lesquelles le ngerorod reste une pratique assez courante à Bali. Mal compris ou décrit, il peut choquer les âmes sensibles des Occidentaux. Sans raison valable cependant. Ce kidnapping autorisé peut aussi apaiser un carcan social parfois extrêmement rigide : les amis proches ou les cousins éloignés servent également à encourager ou soutenir les amants en cas de besoin, c'est-à-dire si les parents s'obstinent à s'opposer à leur union… Au cours de l'enlèvement, la fille est supposée " crier " et mourir de peur, se débattre aussi, tout ce cinéma pour faire plus vrai et augmenter d'un cran l'intensité de la relation amoureuse en pleine gestation. L'ombre du Ramayana - célèbre et populaire épopée indienne, avec l'enlèvement de Sita - paraît sans cesse planer sur cette tradition " locale "… Surtout, cette mise en scène " prouve " symboliquement que la fille n'est ni " facile " ni " bon marché " ! Pour la conquérir, il faut du courage, être prêt à se battre, bref la mériter. Certes, la révolution sexuelle de nos Sixties ne semble pas être passée par ce coin… il demeure que la femme a souvent le dernier mot et que même l'enlèvement n'est pas nécessairement ici une histoire de machisme ! On y perd son latin ou son sanskrit. Cela se complique encore lorsque les castes s'immiscent dans l'intimité des débats, privant le plus souvent les amants tourmentés de tout ébat amoureux digne de ce nom… Le kidnapping orchestré, la " fuyarde " doit se cacher quelque part sur le territoire de son prétendant déterminé. A l'issue de cette fuite, le retour au bercail se prépare et une cérémonie - appelée biakala - doit alors formaliser cette union trop longtemps dissimulée et même illégitime. La communauté du lieu et la famille de la fille sont donc officiellement mis au courant de la nouvelle. On officialise peu à peu. Et tout comme la fille avait fait semblant de lutter contre le kidnapping, le garçon doit maintenant s'excuser en bonne et due forme de son geste, en faisant semblant de se repentir auprès des membres de la famille ainsi que des autorités dites compétentes. En général, le montage fonctionne, et tout cet imprévu se passe comme prévu ! A de rares exceptions, la situation peut néanmoins dégénérer : soit lorsque l'amant est brutalement éconduit et vraiment persona non grata auprès de la famille de sa fiancée, soit lorsque la fille est enceinte et l'avait sciemment caché à tout le monde… Dans ces deux cas limites, les complications sont parfois irréversibles : avortement pour elle, rejet total pour lui… Roméo et Juliette version trash à la balinaise !

Puisque nous sommes là dans les mauvais scenarii, il faut encore mentionner le " vrai " kidnapping (mlegandang) : là, pour ce type de mariage c'est moins drôle mais heureusement beaucoup plus rare. Le mlegandang s'apparente tout simplement au viol, et cette forme extrême de mariage forcé ne subsiste que très exceptionnellement dans certains coins reculés de l'île. La force de la modernité actuelle qui embrase Bali c'est qu'elle devrait venir à bout prochainement de ce genre de pratique barbare. Mais attention surtout à ne pas confondre ou amalgamer le mlegandang avec le ngerorod ! Il faut retenir, comme l'explique justement les auteurs du livre The peoples of Bali, que le mariage de type ngerorod est surtout populaire en milieu urbain, et qu'il permet en quelque sorte d'échapper au fort carcan familial et à la structure très hiérarchisée de la société balinaise, très étouffants, notamment pour une jeunesse qui a soif de nouveauté et de modernité. Le ngerorod offre ainsi une alternative, ouvre une voie réelle au libre choix des partenaires, et jette une bouffée d'air sur un univers hindou parfois trop rigide et jugé immuable.


Mepadik ou Ngidih anak luh (ou encore Mamadik) : " le mariage traditionnel officiel "

Dans la mesure du possible, les familles balinaises privilégient toutefois cette forme de mariage, plus " convenable " et nettement plus officielle aux yeux de la coutume et de la société locale. Dans ce cas de figure, les préalables, formalités, tractations, etc., sont légion. Comme souvent un peu partout ailleurs en Asie. Souvent d'ailleurs, les futurs époux se connaissent depuis bien longtemps, le temps de l'école primaire ou secondaire… A plus d'un titre, et pour de nombreux cas (mais pas tous non plus), cette forme de mariage traditionnel - de loin la plus courante et prisée à Bali - ressemble à une forme douce de mariage arrangé. Un mariage rangé aussi. Concrètement, des émissaires sont dépêchés par le fiancé pour aller rendre une visite courtoise à la fiancée, dans sa famille et sur son lieu de vie évidemment. Si tout se déroule comme prévu, la famille de la fille accueille du mieux possible la délégation en mission. Le jour est faste ou fatal car tout se décide un peu à cet instant, l'important étant que le statut social de la famille du prétendant soit suffisamment " bon " et que le garçon épris de la princesse locale soit un type " bien "… On prévoit une date ensemble, ça discute sûrement et ça ripaille généralement. Un jour propice est fixé par le pedanda (mais pas obligatoirement) pour marquer le départ de la fille qui va quitter sa famille pour rejoindre celle de son futur mari. Une épreuve, on les comprend, souvent redoutable pour les jeunes femmes, parfois épousées très jeunes. Pour la famille de la fille également, ce jour est douloureux : elle " perd " un enfant et doit en outre s'acquitter de tous les frais de la cérémonie du jour. Appelée masakapan (en sanskrit : wiwaha), cette cérémonie importante contractualise l'union, autant une alliance entre deux familles qu'une union entre mari et femme. Lovée dans un univers patriarcal par excellence, la société balinaise le fait particulièrement savoir le jour du mariage.

Précisons qu'une femme de haute caste ne peut pas se marier avec un homme de basse caste (l'inverse n'est pas vrai), ou alors elle risque fort de tout perdre : son statut, son héritage et celui de ses enfants, et surtout sa fierté. Car sa famille, face à la honte, peut aussi la déshonorer et la rejeter. Il n'est pas étonnant non plus de constater qu'en dépit du processus irrémédiable de modernisation de la société, ce sont les hautes castes - représentant moins de 10% des Balinais de confession hindoue - qui perpétuent les mariages arrangés le plus fortement, afin de préserver leurs acquis et privilèges au cœur des familles " aristocratiques " en quelque sorte.


Mariage traditionnel balinais, dans une famille modeste, près de Singaraja, dans l'extrême nord de l'île.
Le pemangku officie tandis que les époux se placent à l'extrémité du " tapis " d'offrandes.

 

Pour les Balinais, le mariage est un rite de passage essentiel mais aussi un but dans la vie. Un rite avant tout de purification et de légitimation. Il est la condition première pour fonder un foyer et avoir des enfants et, pour les hommes mariés, de siéger (et voter) au sein des organisations politiques du village. Le droit local coutumier et la religion hindoue considèrent que tout membre de la communauté humaine a pour devoir de se marier. C'est pour cela, entre autres raisons, qu'il est tellement difficile, douloureux et parfois invivable, d'être soit célibataire soit veuf à Bali. Spécialement pour les femmes… Divorcer pour les Balinais et bien plus encore pour les Balinaises reste un acte courageux et subversif aux yeux de la communauté tout entière. Moins de 5% des mariages se terminent ici par un divorce : belle performance, mais à quel prix ! Combien de vies brisées, de silences interminables, de mensonges incroyables, de fatalisme regrettable… Hors le mariage point de salut, surtout que c'est lui qui permet de perpétuer l'ordre patrilinéaire et de respecter la voie des ancêtres.

Durant la cérémonie de mariage, les corps des mariés sont purifiés dans le but de favoriser la procréation et la vie commune à venir. Que la fête soit modeste ou grandiose, les familles organisatrices pauvres ou riches, toute cérémonie de mariage suit le même canevas et sa signification devant les dieux reste la même pour tout le monde. Le jour " J ", accueillis à l'entrée de la demeure de la famille du fiancé, les invités - à commencer par la famille de la future épouse - sont entourés par des montagnes d'offrandes, au sol ou sur des autels. Les mariés sont ensuite conviés par un prêtre, purifiés, préparés pour une nouvelle vie. Les mariés tournent alors trois fois autour des autels (dédiés aux divinités et aux ancêtres) qui se trouvent quelque part à l'est devant l'entrée de la maison. Les époux portent des paniers de rotin remplis d'offrandes spécifiques (pour le garçon : poulet, canne à sucre, pièces de monnaie, etc. ; pour la fille : du riz non-cuit, des épices et des plantes qu'elle est supposée " vendre " à son mari…). A l'aide d'un kriss (ou keris, couteau sacré symbolisant ici un phallus), le fiancé transperce un tissu luxueux censé représenter la pureté et la virginité de sa fiancée. Les plantes " achetées " sont replantées symboliquement derrière l'autel des ancêtres dans le but d'encourager la fertilité donc la fécondité. Au final, les mariés tirent ou coupent (selon les cas) une cordelette en coton placée entre deux parties du poulet " servi " en offrande sur le panier tressé. Ce dernier acte " consomme " l'union dès lors validée. Les mariés vont dans la foulée prier - pour la première fois ensemble - dans l'enceinte réservée du temple familial où sont placés les autels de la trinité hindoue et des ancêtres déifiés.

Peu après, le lendemain ou quelques semaines après (c'est selon), les mariés partent visiter la famille de l'épouse afin d'obtenir également leur bénédiction. Il faut aussi que la fille " quitte " officiellement son ancienne maison et son temple des ancêtres adjacent. Ainsi, avec la consécration du mariage, la femme fraîchement mariée change véritablement de famille… Une vie nouvelle à laquelle il lui faudra s'adapter.


Mepamit (ou Mapamit ou encore Bebas) : rituel qui officialise le fait de quitter les ancêtres de son père à l'occasion d'une cérémonie religieuse au temple familial.
Ici, nous voyons particulièrement un pemangku - par ailleurs un de mes oncles - à l'œuvre.
Cette fête peut avoir lieu peu après le mariage ou des dizaines d'années plus tard, comme ici par exemple dans le nord de l'île, où les deux époux s'étaient mariés plus de vingt ans avant la tenue de cette cérémonie.

 

Une autre spécificité balinaise est liée à l'importance concédée à l'héritage, donnée fondamentale, surtout pour des raisons sociales et rituelles, dans cette société fortement patrilinéaire. Il arrive que pour avoir un héritier certaines familles adoptent un garçon qui plus tard sera celui qui héritera des biens familiaux. Dans d'autres situations, comme le précise Usadi Wiryatnaya (dans Bali Today 2, ouvrage dirigé par Jean Couteau), une famille peut adopter un homme et le marier à l'une de leurs sœurs en clarifiant le fait que c'est bien la fille qui sera " chef de famille " par la suite, et par conséquent elle qui assurera la survie de la lignée paternelle. Dans ce cas précis, appelé nyentana, assez rare tout de même, c'est la future épouse qui prend l'initiative et " fait la proposition " à son homme, candidat passif au mariage ! D'une certaine façon, dans ce type de couple, l'homme prend la place de la femme (mawak luh). Ce type d'alliances - ce n'est pas vraiment une surprise ! - n'intéresse guère les hommes même si certains Balinais pauvres optent pour cette solution dans le but de s'élever sur l'échelle sociale voire s'enrichir quelque peu. Mais, aux yeux des ancêtres, ainsi " trahis " par leurs fils, ces choix sont difficiles à assumer pour les hommes. Usadi Wiryatnaya a trouvé une belle formule à l'image de la réalité locale : " Un homme qui pratique nyentana est aussi bon qu'un tigre sans dents "… Plus vraiment un homme, quoi ! Et de quoi faire vaciller l'ordre du mâle en vigueur.

Pour en finir avec ces unions pas très libres, rappelons que les mariages balinais suivent une loi régionale en vigueur depuis 1966. Celle-ci impose la monogamie aux Balinais, ce qui n'est pas encore une réalité totalement admise et en contradiction aussi avec les anciennes coutumes balinaises. Cette loi précise également qu'en cas de ngerorod (le mariage " par enlèvement "), la famille de la fille peut juridiquement refuser l'union, c'est alors un juge qui se rajoute à la partie pour trouver une issue définitive et sans appel. Enfin, les mariages inter-castes ne sont plus interdits ou illégaux, ils se réfèrent à la sphère privée et plus encore de celle de la communauté villageoise et religieuse.
Les choses bougent, c'est bien, et c'est déjà ça…

 

2. Se marier à Bali… pour les étrangers : la quête de l'exotisme

Les voyages de noces ont le vent en poupe. Bali fait rêver le commun des mortels mais aussi les jeunes tourtereaux et représente aujourd'hui une destination prisée de ce type de tourisme en pleine expansion. Attention à l'amalgame facile : il faut évidemment distinguer " lune de miel pour jeunes mariés " et " voyage organisé pour aller se marier à l'occidentale à Bali ". La différence des deux types de voyage est notable. Le premier avalise tandis que le second valide. Le premier est généralement respectable, le second totalement discutable. Et au-delà des traditionnels voyages de noces, les unions vacancières occidentales à Bali s'inscrivent dans la continuité des pratiques coloniales nourries par le pire des exotismes. Comme quoi l'union avec son prochain peut se produire sur fond de déni de l'Autre. Il en est ainsi lorsque Bali, ses paysages et ses habitants, ne sont plus qu'un décor d'opérette pour des mises en scène occidentales.


En route pour Bali

Ce décor exotique en carton-pâte nous rappelle un peu " Road to Bali ", un vieux film hollywoodien où des Blancs miment les Orientaux, où des acteurs américains fuyant le mariage, trouvent le chemin de Bali, le tout dans les studios californiens. Cette comédie américaine du début des années cinquante retrace l'itinéraire de deux plongeurs-aventuriers qui quittent Melbourne pour éviter de se marier ! Ils arrivent à Bali où semble les attendre une étrange princesse locale (Lala !), parée de bijoux somptueux. Des Occidentaux qui ne veulent plus se marier avec " leurs " femmes mais préfèrent en chercher (même accidentellement !) d'autres, plus exotiques, voilà c'est sûr un sujet terriblement d'actualité ! Surnommée dans les années trente " l'île aux seins nus ", on voit que l'île de Bali était donc dotée très tôt d'un potentiel certain à satisfaire une clientèle étrangère composée de mâles esseulés en quête d'épouses. Ces dernières, plus exotiques qu'estivales, devaient s'avérer plus soumises et dociles que les femmes " de la maison " qui, elles, peu à peu se battent pour leurs droits : ceux aussi qu'on appellera bientôt " droits de l'Homme "… La Femme devra encore patienter ! Pourtant, toujours à cette époque, en Occident, la mini-jupe n'avait pas encore fait son apparition et encore moins le discours des féministes. Road to Bali, un film à voir pour mieux comprendre tout un état d'esprit occidental (et d'époque !) qui ne s'est pas pour autant émoussé avec la mondialisation et l'essor du tourisme international. Au contraire. Plus que jamais, le besoin d'exotisme s'est muté en désir d'érotisme.


Différentes affiches du film Road to Bali, comédie américaine sortie en 1952. Source : Internet.

 

L'amour vs le mariage ?

Mais ce tableau noir de la délicate relation amoureuse peut aussi muer en carnet rose sincèrement rempli voire épris de bons sentiments. De joyeuses idylles émergent fort heureusement sur un solide terreau de respect mutuel et de rencontre véritable, et comme on sait, le mariage n'a rien à voir avec l'amour. Les rassembler sans concertation c'est risquer de les tuer les deux à la fois ! Le mariage est d'abord une modalité socio-économique où les intérêts collectifs priment sur les affects personnels. Il représente même dans de nombreuses sociétés la base économique et sociale des familles et de la communauté de vie, celle sur laquelle on peut bâtir un avenir autant qu'une maison.

Et à Bali, alors, de l'amour au mariage, un chemin de croix ? Souvent. Pour les couples d'amoureux, partenaires mixtes occidentalo-balinais, se marier n'est pas une sinécure, cela ressemble même pour beaucoup d'aspirants à un parcours de combattants ! Il suffit de mentionner les diverses tracasseries administratives, les Etats français comme indonésien ne simplifiant guère l'ouverture des frontières de l'amour ! Mais pour ceux qui préfèrent et décident de vivre en union libre, de ne pas se marier, la vie n'est pas plus rose pour autant, et même au contraire : le poids des traditions, avec notamment le banjar qui décide de ce qui est bien ou non, légal ou non… Il va presque sans dire que pour les femmes, la situation est bien plus difficile que pour les hommes. Cela est vrai pour les locaux comme pour les étrangers. Bali est une forteresse patriarcale et cela se voit et se sait, ne facilitant pas la vie des femmes mariées. A ces complications s'en ajoutent d'autres : si les clichés sur la femme exotique pullulent chez les mâles occidentaux, ceux sur la femme " blanche " - jugée trop indépendante et " libérée sexuellement "… - le sont tout autant de la part des hommes balinais. D'autant plus que certains d'entre eux - gigolos et autres Kuta Boys (ou, dans sa version locale, Koboi Kuta) - véhiculent ces jugements à l'emporte-pièce, auprès de leurs copains (et parfois leurs petites copines), ce qui ne fait qu'amplifier les rumeurs, déjà défavorables à l'endroit de la gent féminine occidentale… Concernant les mariages entre des Occidentaux et des femmes balinaises, l'idylle promise n'est pas toujours au rendez-vous non plus, loin de là : des petites arnaques minables au coin d'un bar aux grosses extorsions à l'issue de machiavéliques stratégies maritales, toutes les variantes de la vénalité humaine existent au rayon des mariages. Encore plus dérangés qu'arrangés dans ces cas. L'amour rend aveugle, on le sait, d'autant plus facilement que l'exotisme s'en mêle. Et si l'amour rend aussi fou, le mariage, lui, il peut rendre très pauvre ! Raison supplémentaire pour se montrer vigilant, tout en restant ouvert et en se méfiant des préjugés à la vie longue : d'un côté, le bule (" l'Occidental blanc ", prononcez " boulet "...) naïf mais au portefeuille garni, et de l'autre la Balinaise soumise mais cynique, intéressée et vénale… Le monde, y compris celui de la nuit chaude à Bali, n'est jamais bipolaire à ce point.

Ici, le chaud et le froid c'est un peu comme le yin et le yang : tout est dans tout, ce qui rend la vision floue, pour les étrangers surtout. Dans les affaires sentimentales, se faire berner relève par conséquent plus de la norme que de l'exception, et, c'est bien connu, les histoires d'amour finissent plutôt mal : malentendus culturels et inégalités économiques ne font qu'hypothéquer un peu plus les chances de voir naître le grand Amour… Mais dans ce domaine, heureusement, tout est toujours possible. Mêmes les histoires de cœur les plus rocambolesques. D'un côté l'honneur est sauf et de l'autre on ne perd pas la face. Ouf…


Epouses ou concubines ? L'essentiel est d'abord de se montrer en bonne compagnie, les seins nus des Balinaises faisant office de marque de fabrique d'une authenticité déjà recherchée.
On dirait ici des images extraites d'un film de cinéaste chinois Wong Kar-Wai, dans la veine de In the mood for love ?
Ces prises de vue démontrent surtout que, si les Occidentaux tiennent le haut du pavé pour la diffusion du mythe de Bali, ils ne sont pas les seuls à occuper le terrain.
Ainsi, durant le " tempoe doelo ", les Chinois et les Japonais sont aussi sur la place.
Un peu comme aujourd'hui, où les Asiatiques occupent les six premières places des clientèles touristiques à Bali.
Et nombre de couples de Japonais - sans oublier les mariages mixtes Balinais-Japonais - viennent également s'unir dans ladite " île de beauté ".
Source : Internet.

 

A Bali, deux célèbres mariés venus du froid : Le Mayeur et Mick Jagger !

Au XXe siècle au moins deux mariages mondains ont défrayé la chronique à l'échelle balinaise. Le peintre belge Adrien-Jean Le Mayeur de Merpres (rien que ça !) embarque en 1932 pour Bali. Il envisage d'y rester quelques mois pour retrouver de l'inspiration… Plus que cela, il tombe sous le charme de l'île, de ses danses et rituels, du couple nature-culture qui fait ici des ravages, de ses femmes surtout. Une jeune et jolie danseuse de legong âgée de 15 ans, Ni Pollock, de quarante ans sa cadette, va littéralement l'envoûter. Le Mayeur, alors âgé de 53 ans, décide de s'installer avec elle à Sanur dans le sud-est de l'île. Devenue son modèle attitré, Ni Pollock deviendra aussi son épouse en 1935, l'année de ses 18 ans. Le mariage sera célébré en grandes pompes selon les rythmes et rites balinais. Au cours des années suivantes, la demeure de Le Mayeur accueille de nombreux visiteurs étrangers de passage à Bali, et Ni Pollock - les seins souvent nus et sorte d'icône incarnant le fantasme absolu - esquisse quelques pas de danses devant les parterres de visiteurs ébahis… Une situation qui irrite le gouverneur hollandais en place, protestant puritain et pudibond notoire, mais l'entregent (voire le pouvoir et l'argent) du peintre belge le préserve de toute sanction réelle. Le Mayeur possède un point commun avec certains nouveaux expatriés européens : celui de ne pas s'intéresser aux Balinais ni à leurs problèmes, ce qui n'empêcha pas Sukarno de lui rendre visite et plus tard de lui ériger un musée à sa mémoire. Pour notre part, on retiendra que ce n'est pas parce qu'on est marié localement qu'on s'intéresse forcément au quotidien et à la réalité des autochtones. Et Le Mayeur aura contribué à rendre le mythe possible : banalisation des seins nus, image de la femme balinaise lascive ou sulfureuse, etc. Dans son sillage, des Occidentaux chercheront à leur tour à épouser de jeunes femmes locales… Après la mort du peintre à Bruxelles, en 1958, Ni Pollock revient à Bali et épouse pour un court laps de temps un médecin italien - nouveau mariage mixte pour elle à Bali - puis reste seule, installée dans la maison du défunt peintre à Sanur jusqu'à sa mort en 1985.

Autre histoire de mariage à Bali, en 1990 et entre stars occidentales cette fois : le chanteur des Rolling Stones, Mick Jagger s'est marié à Bali, avec Jerry Hall, top model de son état, lors d'une grandiose cérémonie hindoue, le 21 novembre 1990. Très médiatisée, cette union, qui n'a pourtant guère duré, a pourtant fait des émules. Des couples australiens notamment, première clientèle des mariages " à l'occidentale " à Bali. La jet-set internationale est de plus en plus friande de ce type de mariage inauguré par ce couple rock'n roll et glamour par excellence. Mais l'amour glamour ou pas, un fait important, rarement évoqué, est la validité du certificat de mariage : celui-ci n'est pas toujours, loin de là, authentifié et donc valable. Le rocker Jagger en a fait les frais… pour son bien ! Puisque dès 1999, lorsque Jerry Hall demande le divorce, et surtout beaucoup d'argent, elle est recalée car le mariage hindou-balinais de 1990 est annulé puisque non reconnu par la loi anglaise. Le très riche chanteur s'en sort pas trop mal… mais l'acharnement de Hall le contraint à lâcher tout de même dix millions d'euros à la dame, de quoi rester de marbre, de pierre, stone quoi ! Toujours est-il que tout le monde n'est pas Mick mais (presque) tout le monde pourrait se marier à Bali… en se faisant flouer par un mariage qui n'en serait pas un. Les procédures bureaucratiques et parfois cyniques sont complexes et la moindre petite erreur (ou manquement) est fatale, et invalidera toute la démarche…

Ces deux mariages ont incontestablement laissé des traces à Bali, aux yeux des visiteurs, des expatriés comme des locaux. Ce qu'il faut en retenir et bien comprendre ici est extrêmement simple : vous ne devez pas partir à Bali pour vous marier entre vous, faites ceci dans votre pays ! Par contre, si l'envie vous chante et Bali vous inspire, alors partez allègrement pour une belle lune de miel ! Mariage à l'occidentale non, voyage de noces oui, tel est le leitmotiv… Rien n'est plus clair à Bali que le ciel d'une pleine lune, de miel et sans fiel, avec des offrandes au sol et la mer au loin. " Toute la beauté du monde " en quelque sorte et du pain béni pour les amoureux en vadrouille… Il suffirait ici, finalement nous sommes bien logés au paradis, de (bien) manger, prier et aimer... pour croire naïvement que tout va bien. Ou faire comme si.

A Bali, l'offre touristique proposant des mariages " à l'occidentale " explose, les habitants de nos régions tempérées voyant dans cette île tropicale un exutoire voire un défouloir pratique pour se marier " en grand ". Pour fêter aussi. Puis ils se persuadent que l'événement - tellement original - restera ainsi gravé dans la mémoire de tous. En oubliant peut-être qu'au moment précis où les mariés se sont promis des choses impossibles, qu'il risquent vite de regretter, le décor " extérieur " aurait pu aussi bien être Tahiti, Ibiza ou Goa… entretenir le mythe, mais Bali est aussi un beau décor, ce qui épice un peu plus l'union qu'on dit sacrée. Les voyagistes de ce secteur, prédateurs parmi les prédateurs, s'engraissent sur des unions aussi fécondes pour eux qu'éphémères pour elles. Mais c'est l'évolution du monde qui veut ceci, et les Balinais n'ont rien à dire dans ce business of love si rentable pour d'autres. Jusqu'au jour où les autorités religieuses locales arrêteront de s'enrichir grâce aux mariages des autres. Pas facile de refuser cet aumône : un prêtre balinais m'a ainsi confié qu'avec un " mariage à l'occidentale " il faisait pas mal d'argent pour un travail vite fait, tandis qu'avec un mariage traditionnel pour des villageois du coin, les recettes étaient nettement moindres et les rituels appropriés beaucoup plus longs et complexes. Ainsi meurent également les traditions…


Bali, île de l'amour ? Le cliché vient de loin.
Dès la période coloniale, surtout au cours de la première partie du XXe siècle, les Hollandais, et plus généralement les Européens et les Américains, vont promouvoir l'exotisme et l'image paradisiaque de Bali, par le biais du voyage, de la presse, de la littérature et du cinéma. Ici deux affiches de l'époque où l'on voit déjà à l'œuvre l'imaginaire sensuel voire érotique : " île des vierges, île du romantisme ". Tout un programme !
Source : Internet.

 

Quatre formes de mariage à distinguer pour ne pas s'emmêler les pinceaux

- Le voyage de noces " classique " où les mariés sont des non-Balinais qui s'offrent ou font un séjour touristique à Bali. C'est ici un voyage touristique.

- Le mariage mixte à Bali, civil et/ou religieux, contracté et validé entre locaux et étrangers, résidents ou non, sur place. Religion et tradition sont respectées.

- Le mariage réel entre étrangers à Bali où ils viennent pour contractualiser leur union en terre exotique. Religion et tradition sont ici commercialisées.

- Le mariage factice entre étrangers à Bali où ils viennent pour festoyer et se divertir, pour fêter leur union, qui a été officialisée auparavant chez eux. La tradition est ici commercialisée mais aussi instrumentalisée.

En général, les deux premiers types de voyage de " mariage " ici mentionnés ne posent pas de problème, ni dans leur forme ni dans leur contenu, tant que toutes les parties (futurs époux, familles respectives, locaux, étrangers, autorités religieuses, administrations, etc.) soient correctement concertées. Les deux autres types, par contre, renvoient à l'inconscient colonial, aux clivages dominants-dominés et Nord-Sud, bref à une vision à la fois impérialiste et capitaliste des relations humaines. Dans ces deux derniers types, Bali n'est plus que l'aire de jeux pour Occidentaux et Asiatiques en quête d'exotisme et de sensations fortes, pour lesquels le mariage organisé localement n'est qu'une des multiples activités proposées dans le catalogue de l'industrie du divertissement. Il est vrai aussi que nombre de Balinais - à commencer par les opérateurs touristiques, hôteliers et restaurateurs, mais également les prêtres balinais, complices intéressés - s'accommodent de ces dévoiements, surtout parce que ces mariages " arrangés " d'un genre nouveau leur rapportent pas mal d'argent. Voire même vraiment beaucoup. Un autre des torts que ces discutables mariages ont contribué à répandre dans l'île est l'idée que les Occidentaux ne prennent pas le mariage au sérieux. Trop de jeu et de " je " aussi. Pour les Balinais, l'individualisme des étrangers - avec l'importance de l'égo - et leur " laisser-aller " si fréquent dès lors que les étrangers foulent un sol tropical, où dans leurs têtes des cocotiers ne côtoieraient que des vahinés, irritent, le respect n'étant pas la priorité de ces fraîchement débarqués. Parfois, le respect et l'humilité se font même attendre après des années d'occupation, pardon d'expatriation.


Deux questions pour terminer… et pour s'interroger

Pour les couples mixtes : demandez aux épouses balinaises (cela est valable dans une moindre mesure pour les époux balinais), mariées à des Occidentaux, installées dans les capitales bondées ou les campagnes reculées, à Paris ou Dallas, dans la Creuse ou en Caroline du Nord, si c'était à refaire, le feraient-elles ? La réponse pourrait être surprenante, il suffit d'observer - statistiquement - le nombre d'unions durables et les divorces en cours… La situation n'est guère différente pour les couples mixtes résidant en Indonésie. Passé le temps de l'exotisme, celui de la réalité est plus dur à tenir ! L'exotisme ne survit pas toujours à l'épreuve du temps.

Pour les candidats occidentaux en vue d'un mariage à Bali : de votre côté, que penseriez-vous des couples balinais hindous qui viendraient en voyage à Reims pour se marier " à la balinaise " dans la vieille et bonne cathédrale bien catho de " chez nous " ? Ou si vous croisez des couples javanais musulmans, s'exhibant joliment voilés sur la Croisette, venant s'unir l'été sur la plage de Cannes ou encore l'hiver sur une piste de ski à Courchevel ? Sans même parler des " noceurs " - ces " teuffeurs " en période de mariage - qui décideraient d'organiser une immense " noce-party " à deux pas de chez vous alors qu'il arrivent tout juste du bout du monde ? Rien que se poser ces questions c'est déjà participer à méditer sinon rendre le monde un peu plus juste. Et d'abord un peu moins injuste, une vaste tâche en perspective.

En résumé, ne partez pas à Bali pour vous marier entre vous, mais pour découvrir une belle île, un paradis en sursis comme on dit désormais, pour marier vos idées avec celles des locaux, pour privilégier les vraies rencontres et non retrouver vos repères habituels. Un jour, à force d'être en disponibilité du monde et à l'écoute des autochtones, un mariage authentique aura peut-être lieu. Mais il s'agira alors d'une autre histoire. Une belle histoire, mutuelle et consentie, entre vous et un Balinais ou une Balinaise. Ou inversement. Une aventure de la sorte impliquera forcément des Balinais, voire de nombreux Balinais.

Se marier à Bali, c'est un peu l'opposé d'une union contractée à Las Vegas. En épousant ici une personne, ce sont tous les dieux descendus de l'Himalaya qu'il faut réunir et, surtout, c'est de facto avec une communauté tout entière qu'on s'unit. Pour le meilleur comme pour le pire. Le destin s'immiscera alors dans votre voyage : l'expérience pourra se révéler majestueuse ou dévastatrice. Autant le savoir avant de se montrer trop entreprenant ! Mais comme le dit également l'adage : qui ne risque rien n'a rien.


A Pujung, près de Sebatu au nord d'Ubud, on a le spectacle parfait et regrettable d'une mise en tourisme excessive des rizières sur fond de noce-party....
Plateformes aménagées, sentiers bétonnés et sur-fréquentés, couples de mariés en habits de noces avec leur guide... toujours utile en cas de chute dans la rizière!

 

 

A lire et quelques remarques finales

- Angela Hobart, Urs Ramseyer, Albert Leemann, The Peoples of Bali, Oxford, Blackwell, 1996.
- Usadi Wiryatnaya, " Traditional Marriage ", in Jean Couteau, ed., Bali Today 2 : Love and Social Life, Jakarta, KPG, 2008, pp. 24-28.

- Ne pas consulter tous les sites commerciaux proposant sur la toile, à des tarifs exorbitants, des mariages à l'occidentale à Bali. Mieux vaut résolument voir Bali autrement, donc avec d'autres yeux et lieux !
- On peut (re)voir Road to Bali, un film américain signé Hal Walker, sorti sur les écrans en 1952. Il est toujours instructif de se replonger dans le passé.

Note: à l'exception de l'illustration en fin de texte du couple asiatique en train se se promener dans la rizière, cet article ne propose pas de photos de mariages d'étrangers à Bali, je n'y tiens pas vraiment! Le but ici est d'abord de ne pas promouvoir ce type de séjours qui ne bénéficient guère aux Balinais les plus démunis. Sur le net, les photos de couples mariés occidentaux/asiatiques se vautrant au bord des plages et piscines, dans les hôtels et villas de luxe du sud de l'île, abondent jusqu'à la nausée, ce n'est donc pas la peine d'en rajouter. Du coup, je propose ici, de manière plus anecdotique, d'anciennes affiches ou photos pour venir en quelque sorte égayer un peu le propos. En début d'article, les deux clichés autour des éléphants proviennent d'une brochure, ils ne font qu'illustrer la tendance actuelle qui consiste à allier (ou aligner dans un package touristique) les mots aventure, exotisme et romantisme, le tout bien ficelé sur le plan commercial.