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Un tourisme supportable existe-t-il pour les Papous d'Indonésie?

Discussion autour d'un ethnotourisme discutable...

 

par Franck Michel
(avec des photos de l'île de Biak)


L'article en format PDF


La petite ville de Kota Biak, vue du ciel

 

" - Moi la tradition de ces gens, elle me fait un peu froid dans le dos...
La retraitée ne parvenait pas à chasser de son esprit l'image d'un explorateur tout de blanc
vêtu plongé dans une marmite géante au milieu d'une flotte de carottes et de navets.
Elle avait vu ça dans un film d'aventures en technicolor. C'était il y a longtemps.
- Tradisi bagus... reprit le Papou en montrant le bouclier.
- Qu'est-ce qu'il dit? demanda Vanessa en se tournant vers Leonardus.
- Il dit que la tradition, c'est bien.
- Et combien il le vend, son truc? "


Stéphane Dovert, Le cannibale et les termites, 2009 (roman)


Depuis l'époque moderne, les Papous nourrissent l'imaginaire occidental, mais aussi asiatique et autre. Ils nous renvoient des images empreintes à la fois de fascination et de répulsion. Surtout, ils ne laissent pas indifférents, c'est sans doute pourquoi aussi les voyageurs qui se " risquent " à se frotter à cet " extrême-ailleurs " n'en reviennent (presque) jamais indemnes... Dans l'introduction d'un récit de voyage chez les Papous d'André Dupeyrat (1952), Paul Claudel évoque en ces termes les Papous et leur monde : " Des gens qui ne savent pas compter jusqu'à quatre, qui n'ont aucune idée de leur âge et du temps. L'anthropophagie sévit partout. La mère tue son enfant premier né pour allaiter un porcelet. Une saleté immonde et parfois souillée ronge les corps nus. La vendetta et la guerre ne cessent de village à village ". Mais " grâce " à la persuasion et à l'acharnement des missionnaires, " sans transition, ces 'demis-bêtes' sont devenus nos frères "…
Avec tant d'autres, ces propos pèsent encore de tout leur poids sur la manière dont se forge le regard occidental sur ces " rescapés " de la préhistoire, pour reprendre une expression par laquelle des médias peu scrupuleux aiment nommer les actuels " sauvages ", ces derniers des Mohicans qui - à l'instar des compagnons de Geronimo - doivent être filmés et photographiés avant de disparaître, inexorablement... Pourtant personne n'échappe à l'Histoire, à ses lois et à ses rythmes, pas même les Papous et autres peuples " premiers " de la forêt, si inhospitalière à nos yeux… Alors, évidemment, la première question qui tombe sous le (bon) sens est: peut-on voyager chez les Papous sans faire de faux pas? Nous tenterons ici de répondre - de manière apaisée et dépassionnée - à cette question sans occulter, d'un côté toutes les (bonnes) raisons de partir à Papua ou - pour reprendre l'atmosphère de Conrad - " au cœur des ténèbres ", et de l'autre, toutes les (bonnes) raisons qui incitent plutôt à rester chez soi, vautré bien au chaud...

La côte, entre les villages de Samber et Urfu, dans l'ouest de Biak

 

Les Papous " indonésiens " occupent le territoire de la Nouvelle-Guinée-Occidentale ou Papua, nouvelle désignation officielle (autres appellations: Irian Jaya ou encore Papouasie Occidentale). Papua constitue la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, la partie orientale formant pour sa part la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Etat indépendant depuis 1974. Depuis 2003, un nouveau partage - très controversé - coupe Papua en deux entités et provinces distinctes: " Papua " et " Papua Barat ", cette dernière couvrant le territoire de la péninsule appelée " Tête d'oiseau " ainsi que les îles environnantes. Pour les communautés autochtones, cette coupure est perçue comme une véritable séparation politico-administrative qui masque mal, semble-t-il, une volonté délibérée de la part des autorités centrales indonésiennes d'appliquer dans leur propre Far East, le fameux adage " diviser pour mieux régner ". Cette décision ne paraît pas non plus aller dans le sens de l'autonomie tant attendue et espérée par les Papous. La Nouvelle-Guinée-Occidentale a été rattachée officiellement à la République indonésienne en 1969, après un référendum frauduleux, survenant à une période transitoire où le destin des Papous fut de facto scellé en mai 1963 lorsque la communauté internationale a autorisé le rattachement de la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée à l'Indonésie. Le territoire de ce qui deviendra jusqu'à nos jours l'Irian Jaya puis Papua (et ses deux provinces Papua et Papua Barat) couvre 414.800 km², soit à peine moins que la surface de la Papouasie-Nouvelle-Guinée voisine, indépendante depuis 1974. Ces rapides précisions sont importantes car le secteur du tourisme - à Papua particulièrement - participe à légitimer certains discours tout comme il est au cœur de la vie politique locale, régionale et bien-sûr nationale indonésienne.

Les Papous fascinent les Occidentaux par leur proximité, réelle ou supposée, avec la nature et les " premiers temps " de l'existence humaine. A cela s'ajoute l'engouement récent d'une certaine catégorie de voyageurs pour l'extrême altérité, en particulier le cannibalisme et la chasse aux têtes, mais aussi la nudité ou l'étui pénien (qui " s'observe " et " se photographie " jusqu'à l'écœurement chez les Dani notamment…). Ces clichés ne sont pas moins présents chez chacun d'entre nous, y compris parmi les anthropologues mais bien plus encore chez les journalistes et les aventuriers et autres explorateurs des derniers recoins de la planète. Les prestigieux devanciers sont également convoqués comme Michael Rockefeller " mangé " par les Asmat il y a un demi-siècle ou encore Margaret Mead dont l'itinéraire jadis empruntée par l'anthropologue américaine en Papouasie-Nouvelle-Guinée fait l'objet d'une récente vénération touristique. Comme le souligne la journaliste Ann Gibbons : " Depuis que j'ai lu les descriptions pittoresques de Margaret Mead sur la vie paisible dans une tribu cannibale dans la région de la rivière Sepik au cours des années trente, j'ai toujours voulu voyager là-bas pour rencontrer ces populations " (Gibbons, 1994: 25). Le fantasme du " premier contact " reste encore aujourd'hui très présent parmi les explorateurs occidentaux et même au sein des apprentis aventuriers en tout genre. Ce fantasme s'accompagne tout " naturellement " d'une hypothétique rencontre avec des hommes " nus, féroces et anthropophages " pour reprendre le titre du passionnant journal de voyage de Hans Staden en terre du Brésil à l'époque bénie des Conquistadors… Ces dernières années des aventuriers surmédiatisés et subventionnés " découvrent " régulièrement quelques " dernières tribus de l'âge de pierre " encore enfouies au fond de la forêt papoue. Eclaireurs d'un tourisme ethnologique au goût quelquefois douteux, ces explorateurs des temps modernes mais à la recherche du temps perdu multiplient les prouesses pour atteindre les ultimes représentants d'un monde délaissé et souvent maltraité. Quant aux Korowai, après avoir été quelque peu étudiés au début du XXe siècle, ils tombent presque dans l'oubli pour renaître sous les feux des médias, et des documentaires filmés, à partir du milieu des années 1970. En France, en 1995, une expédition emmenée par le magazine Géo évoquera l'année suivante la vie étrange des Korowai au grand public, et, en 1999, c'est au tour de Paris-Match, de parler des " terribles festins " des Korowai sur un ton particulièrement voyeur; plus récemment (été 2009), l'émission " En terre inconnue " (France 2) a emmené " Zazie chez les Korowai ", un documentaire au demeurant tout-à-fait respectable à l'égard des autochtones rencontrés. Toujours est-il que le mythe du " bon sauvage " conserve de beaux restes même si le cannibalisme hante effroyablement toujours les " esprits " occidentaux plutôt tourmentés ! La quête de " vrais primitifs " continue donc d'alimenter l'imaginaire occidental même si les chercheurs et les observateurs les plus avisés se montrent bien plus prudents sur la poursuite du cannibalisme et l'actualité de la chasse aux têtes au sein des populations papoues. Venu à l'ethnologie par la religion comme beaucoup de ses pairs, Alfons van Nunen, missionnaire hollandais catholique, installé depuis plus de cinquante ans en territoire papou et fin analyste dépassionné des sociétés dont il est l'hôte, note : " Les cannibales en 1998, je n'y crois pas, aucune information sérieuse ne le corrobore, cela fait des années que cette pratique s'est éteinte " (cité par Leauthier, 1998: 34). Cela dit, en 2009, des rumeurs continuent encore de répandre le cannibalisme, sans doute plus dans les salons mondains que dans les forêts menacées de disparition...

A Papua, le tourisme n'en est qu'a ses premiers balbutiements, même si l'on peut noter que les " premiers " touristes furent plus nombreux dans les années 1990 que dans les années 2000 (le terrorisme, les catastrophes naturelles et sanitaires, la crise économique, et bien-sûr l'instabilité politique, en sont les principales raisons). En 2005, dans l'introduction de la brochure touristique officielle, le gouverneur de la province de Papua, J.-P. Salossa, annonce qu'il invite les touristes à trouver " l'aventure " à Papua, cette " pureté cachée ", bref de découvrir " l'unique musée vivant d'anthropologie dans le monde " (Salossa, 2005: 2). Dans ce guide destiné aux visiteurs étrangers, le discours est très officiel et l'accent porte bien évidemment sur la culture et plus encore sur la nature, les chapitres reprenant le découpage territorial et l'organisation administrative de la province. Dans la brochure officielle précédente (de 2003), le même gouverneur proposait une introduction plus longue où il évoquait " le rôle important du développement touristique de l'archipel indonésien au regard de la menace de désintégration de l'unité nationale "; il ajoutait que le tourisme spécifique indonésien, porté sur la diversité culturelle et artistique, est appelé à devenir un ciment pour " la construction de l'identité nationale ". En deux ans, certains mots ont disparu mais le ton reste globalement le même. Néanmoins, dans le discours de façade, l'exotisme culturel tend à remplacer l'intégration politique. Par ailleurs, et dans le même esprit, disons " national-indonésien ", en 2006, l'Office de Tourisme a produit puis diffusé un Cdrom, intitulé " Papua, terre inoubliable ", afin de promouvoir un développement touristique, alors au plus bas au niveau des chiffres.

Officiellement, le nombre de touristes étrangers ayant visité la province de Papua s'élève à 984 visiteurs en 2005 et à 1339 en 2006 (Papua dalam angka, 2009: 483). Cela étant, ces chiffres semblent étrangement bas, notamment si on les compare avec d'autres données officielles mais rarement fiables. Ainsi, d'autres chiffres montrent-ils que, analysés par nationalité, les flux touristiques diffèrent grandement, puisqu'on arrive à un total de seulement 444 visiteurs étrangers à Papua en 2005 et à 1336 en 2006. Des estimations du Bureau Régional Autonome avancent le nombre impressionnant de 7350 touristes pour l'année 2003, et plus de 3000 visiteurs étrangers pour les années 2005 et 2006... Ailleurs encore, on trouve 3201 touristes en 2005 et 3060 en 2006... Une carte " touristique " de Papua a également été réalisée par le même Office en 2008, sur laquelle est bien relevée la " séparation " des deux provinces de Papua et de Papua Barat. Quant à la seule province de Papua, elle est clairement divisée en trois grandes régions touristiques: la région touristique de Jayapura-Jayawijaya; la région touristique du Sud; la région touristique de la baie de Cenderawasih. Il est à noter que les flux touristiques augmentent sensiblement à l'occasion des trois principaux festivals culturels annuels: Festival du Lac Sentani, fin juin; Festival Culturel de la vallée de la Baliem, début août; Festival Culturel Asmat, début octobre. D'autres festivals, moins connus, existent également.

On voit donc, qu'en dépit d'un certain essor remarqué dans les années 1990, le tourisme à Papua n'en est qu'à ses débuts: le nombre d'hôtels pour toute la province ne dépasse guère la centaine: 96 hôtels en 2005; 102 hôtels en 2006; 108 hôtels en 2007. En 2007, sur les 108 hôtels officiellement comptabilisés, 11 établissements sont classés (hôtels avec étoiles). Le nombre total de chambres s'élèvent à 2535 (les lits à 3884) pour l'ensemble des hôtels (Papua dalam angka, 2009: 479). Il est à relever que 9 des 11 hôtels classés se trouvent à Jayapura (5) et à Timika (4), deux villes plutôt à l'écart des flux touristiques mais importantes pour les affaires (respectivement capitale de la province et ville à proximité de la mine Freeport). Nul doute que le faible flux de touristes internationaux ne présage pas pour l'heure de gros investissements hôteliers. Convenons aussi qu'il ne s'agit, pour les autorités comme pour les autochtones, certainement pas d'une priorité.

Dans les années 1990, à la faveur du " cultural revival " dans tout l'archipel indonésien, certes sous tutelle centrale et gouvernementale, le tourisme était devenu une priorité pour les autorités, dont le président-dictateur Suharto souhaitait également donner un nouveau souffle à son règne en même temps que redorer l'image du pays à l'étranger. A Papua, comme ailleurs dans l'archipel, certaines coutumes et traditions - les plus folklorisables - sont ainsi redevenues au goût du jour. A Biak, par exemple, " la marche sur le feu ", rite traditionnel relevant de l'ordalie, d'un jugement coutumier par l'épreuve du feu, a été interdite par les Hollandais lors de la première partie du XXe siècle. Désormais, les touristes étant aussi friands d'exotisme " sauvage ", et accessoirement assez barbare, les autochtones de Biak ont remis à l'ordre du jour ces cérémonies rituelles, dans l'espoir d'y voir émerger quelques bénéfices, tant en dollars cash qu'en forme de reconnaissance de leur culture locale. L'anthropologue Rita Smith Kipp rappelle à bon escient que " le gouvernement préserve seulement une partie de la culture, celle qui peut se commercialiser et attirer les touristes et les investisseurs " (Kipp, 1993: 111), une évidence qui ne l'est pas pour tout le monde... L'anthropologue évoque d'ailleurs, prenant l'exemple de Biak au début des années 1990, un cas éloquent d'invention culturelle à l'usage du commerce touristique: lorsque les passagers en transit à l'aéroport de Biak débarquent pour se dégourdir les jambes, ils sont accueillis par un spectacle de chants et de danses rien que pour eux. Peut-être dans l'espoir de les faire revenir...

Lors d'une étude précédente sur le tourisme en pays Toraja sur l'île de Sulawesi (Michel, 1997), nous avions montré l'importance dans le processus de changement de la société locale de ce que nous avions alors appelé l'ensemble " TETE " (Télévision, Ecole, Tourisme, Eglise), et évoqué pour les locaux " l'indispensable casse-TETE " pour sortir de la dépendance. Dans le cas des Papous " indonésiens ", ces quatre composantes sont également à l'œuvre (mais le tourisme dans une moindre mesure). Toutefois, il convient de rajouter, pour le cas spécifique de Papua, la toute-puissance et l'omniprésence de la police et de l'armée, de l'importance de la colonisation intérieure issue du processus de transmigration, et de la prédation d'ordre économique (déforestation, Freeport, etc.) débouchant sur une exploitation éhontée des ressources locales. Quatre obstacles supplémentaires se présentent aux autochtones, autant de freins à une meilleure et plus rapide émancipation, qu'elle soit politique, économique, culturelle, religieuse ou économique. Quatre mots donc pour résumer ces maux de trop: Police, Armée, Transmigration, Exploitation. Là où les Balinais ont toujours eu plus d'atouts en mains, là où les Toraja malgré tout sont parvenus à gagner en confiance et en reconnaissance, les Papous accumulent les obstacles et les difficultés, du simple fait de leur histoire, de leur culture, de leur géographie, de leur sous-sol, et aussi de leurs légitimes revendications sociales et surtout politiques.

Si la région de Wamena est celle qui attire le plus grand nombre de touristes étrangers à Papua c'est parce qu'elle présente d'une part la partie la plus exotico-culturelle et d'autre part la zone la plus accessible pour les visiteurs se rendant dans la province, et soucieux notamment de treks dans de beaux paysages et de culture traditionnelle locale. Pour des raisons surtout politiques, les autorités indonésiennes souhaitent développer un tourisme plus diversifié, surtout réparti sur les autres territoires de Papua, et davantage focalisé sur la nature que la culture, la nature étant moins polémique dès que l'on évoque des droits ou des revendications... Ainsi, le Cdrom de l'Office de Tourisme de Papua, déjà évoqué, et vantant la beauté de la province, mise sur la nature et la culture mais fait l'impasse sur le reste, en particulier sur l'histoire, l'économie et la politique. La présentation opte aussi pour la découverte des zones moins connues et fréquentées, et il est remarquable de constater que sur un documentaire d'un peu plus d'une heure, moins d'une minute est consacrée au département de Jayawijaya, alors que celui-ci s'avère le plus prisé par les voyageurs... L'exotisme est à la source de ce succès et donc de cette demande touristique. Voici, par exemple, le témoignage d'un écrivain italien, Corrado Ruggeri, qui compare le koteka (le fameux " étui pénien ") des Papous à la cravate des Occidentaux, du fait qu'il " permet à ces messieurs de donner libre cours à leur fantaisie en matière d'esthétique ". Et les koteka, constitués à partir de courges séchées, sont de toutes tailles, droits ou tordus. Ils peuvent être modestes (Dani), plus longs (Yali), et parfois gigantesques (Lani), question finalement de style mais aussi de goût personnel. Ce qui est sûr, c'est que le koteka représente un symbole culturel local fondamental, et " aussi la marchandise la plus prisée des touristes. De fait, dès que vous parvenez à vous échapper de la cabane de l'aéroport toujours pleine de monde, vous tombez sur des hommes portant un koteka et vendant des koteka. Pour une somme dérisoire vous pouvez vous en acheter tout un lot que vous offrirez à un groupe de copains " (Ruggeri, 2001: 178). Bref, avec la hache de pierre, l'étui pénien est bien l'objet exotique par excellence qui prouve l'altérité radicale entre " eux " et " nous ". Ces deux objets constituent donc autant de souvenirs prisés.

Dans les années 1980 et 1990, le chercheur indonésien G. J. Aditjondro raconte qu'à l'aéroport de Sentani (principal point d'arrivée à Papua) des locaux essaient de vendre aux touristes de passage des photos de femmes papoues de la vallée de la Baliem en train d'allaiter des petits cochons... Et l'auteur de rappeler que si cette pratique existe réellement dans certains endroits mais uniquement pour des cas exceptionnels - c'est-à-dire pour assurer la survie de certains porcelets - les clichés proposés aux touristes sont des mises en scène bassement exotiques où les femmes ont posé pour gagner quelques sous (Aditjondro, 2003: 391). Le voyeurisme est ici à son comble, car l'exotisme renvoie directement à l'émotion et bien-sûr à la barbarie supposée, alors que la réalité est précisément à l'opposé: donner le sein dans ces cas extrêmes est l'acte qui permet de maintenir en vie le porcelet menacé... Où, dans ce contexte, se situe l'acte " civilisé "? Mais sortis de leur contexte social et culturel, ces clichés ne répondent qu'au besoin malsain de voyeurisme de certains tristes personnages, qu'ils soient d'ailleurs touristes ou non. Il n'empêche que le voyeurisme rapporte de l'argent, et non seulement aux femmes papoues mises en scène ou, davantage, aux photographes et autres revendeurs de photos, mais plus encore aux magnats de médias friands ou d'une presse peu scrupuleuse et encore moins soucieuse d'éthique: ainsi, un célèbre hebdomadaire parisien proposait-il il y a quelques années une belle somme d'argent à un photographe qui lui livrerait de telles photos-chocs de " femmes papoues allaitant des cochons "... Ce petit exemple résume en quelque sorte le fait établi récurrent qu'une exploitation touristique dirigée et décidée par l'extérieur n'a in fine aucune chance de servir, équitablement et réellement, les intérêts des communautés locales concernées.

Dans leur entreprise de " civilisation " forcée des Papous, les Hollandais autrefois et les Indonésiens aujourd'hui tentent avant tout de sédentariser les nomades autochtones, puis de les habiller et de les éduquer (ou plutôt les rééduquer). Aujourd'hui, deux industries s'avèrent particulièrement prédatrices pour les terres papoues: celle du bois (à Sorong, autour d'Agats, etc.) et celle des mines (à Timika, à Manokwari, etc.). Nous avons abordé ailleurs l'importance de la route - quel meilleur moyen de " connecter " avec la dite Civilisation? - dans les politiques d'assimilation et de sédentarisation menées par les Etats (Michel, 2009). Ainsi, la fin de la construction de la nouvelle route reliant Jayapura à Wamena pourrait-elle, entre autres, bouleverser considérablement la vie dans la vallée de la Baliem... Etrangement, cette route reste loin d'être terminée, et cela en grande partie pour des raisons politiques évidentes: en effet on peut se demander quel intérêt finalement l'Etat a-t-il à investir dans ce " développement "? Les compagnies de transport aérien font pression pour conserver leur monopole pour relier Wamena, les autorités craignent l'ouverture de cette route qui permettrait aux Papous des divers coins du territoire de se " connecter " pour des raisons qui ne satisfont pas du tout le dirigeants indonésiens (réunions politiques, rassemblements militants, contacts avec l'étranger, etc.). Surtout, l'Etat, de concert avec la majorité des colons indonésiens désormais installés à Papua, ne souhaite guère " ouvrir " la vallée: effectivement, n'est-il pas préférable et plus simple de ne pas brusquer cette évolution? Cela peut non seulement plaire à certains ethnologues rousseauistes nostalgiques d'un improbable paradis perdu, mais plus encore aux pilleurs et exploiteurs des terres et des populations papoues, laissant ces dernières démunies, et réduites à l'état de sujets passifs et folklorisables.

Lorsque le père Dupeyat - déjà cité au début de cet article - évoque les Papous, il est obsédé par le fait de les assimiler et d'abord de les évangéliser sans attendre. A ses yeux, le salut de ces âmes oubliées rime avec labeur : " Ils sont malhabiles autant qu'hommes néolithiques peuvent l'être, mais le Père Dubuy proclame : 'Le travail, voilà la première leçon de discipline évangélique et le premier pas vers la civilisation !' " (Dupeyrat, 1964). La messe est dite et ainsi avance le progrès. Quant aux premières routes à construire, les locaux se découvriront coolies serviables et corvéables à merci, mettant en pratique l'œuvre divine qui consiste à peiner à la sueur de son front... Les Papous d'aujourd'hui paient le prix fort des erreurs du passé, de la folie " civilisatrice " des peuples vainqueurs et monothéistes (il faut - à ce sujet - relire aujourd'hui les travaux essentiels mais trop occultés de Robert Jaulin, notamment sur l'ethnocide et la décivilisation...). De nos jours, au cœur de cette Papouasie occidentale, " la mine de Grasberg ne procure aucune ressource substantielle aux populations autochtones, le gouvernement ayant accordé une concession exclusive de trente ans à la compagnie américaine Freeport, perpétuant ainsi la confiscation des richesses et les vexations de l'époque coloniale ". Le permis d'exploitation est prolongé au moins jusqu'en 2021… En 2005, rappelle Lorenzo Brutti, " l'Indonésie aurait perçu 2,5 millions d'euros par jour de Freeport ". Et, " la mine rejette chaque jour 230.000 tonnes de déchets hautement toxiques dans les rivières, détruisant plusieurs dizaines de kilomètres carrés de forêts aquatiques " (Brutti, 2007 : 86). En dépit de ce constat accablant, le mythe du progrès et l'idéologie du développement avancent main dans la main en territoire papou. La compagnie minière met la main au portefeuille afin d'assurer autant que possible une fragile paix sociale et pérenniser ainsi la politique indispensable pour les affaires. Alors, on investit, on développe des infrastructures, on construit des routes… Pour la majorité des Papous, et plus encore pour les " colons " indonésiens installés dans ce Far Est asiatique, l'impact écologique et les dégâts sociaux générés par l'exploitation, la déforestation et la pollution, ne sont pas comparables aux mirages de la réussite et aux désirs de consommation : " Là où un hôpital, une école, une route, une citerne pour l'eau existent dans les contrées rurales, ce sont souvent les compagnies minières qui les ont construits et non le gouvernement national " (Brutti, 2007 : 87-88). Repli du public au profit du privé, ici comme ailleurs… Et partout le même dilemme : lorsque les ressources seront épuisés - d'ici 20 ou 30 ans - quel sera le destin de ces populations occidentalisées, " modernisées ", arrachées à leurs racines et coutumes ? Lorsque les eldorados se seront rendormis, lorsque les usines auront toutes fermées et les multinationales toutes déménagées, seront-elles capables de revenir à des modes de vie à nouveau plus simples, à l'agriculture, au village des ancêtres reculé dans la montagne, loin du bitume ? Pas sûr...

Toujours dans cette région du monde, évoquons pour terminer un voyage en territoire papou, il y a 130 ans, celui de Nikolaï Mikloukho-Maklaï. Cet explorateur clairvoyant, surtout pour son époque, n'oublie pas de relever dans son récit de voyage la dimension politique et stratégique irrémédiablement présente dans chaque expédition. Ce dernier débarque le 27 septembre 1871 sur une plage de Nouvelle-Guinée. Il s'efforça, sa vie durant, de comprendre les Papous avant de les juger. Une exception dans l'univers des aventuriers de l'époque coloniale. Mikloukho-Maklaï reconnaîtra que " petit à petit, je deviens Papou ", et lorsque des Papous surgissent armés de lances et de flèches à son encontre, il s'obstine à les accueillir pacifiquement. Sans cesse à l'affût de nouveaux savoirs, il relève : " Depuis ma première rencontre avec les Papous, j'ai toujours en poche un carnet où je consigne à chaque occasion les termes indigènes " (Mikloukho-Maklaï, 1994 : 50). Il n'est donc pas étonnant de noter qu'à la veille de sa mort en 1888, c'est-à-dire avec presque un siècle d'avance sur la déclaration d'indépendance de la PNG (la partie " indonésienne " de la Nouvelle-Guinée, Papua, attend toujours l'heure de la libération ou d'une réelle autonomie), l'anthropologue-explorateur visionnaire avait réclamé un statut d'autonomie sous protectorat international, afin de tenter de préserver au mieux ces sociétés traditionnelles.

Au final, un ethnotourisme en terre papoue reste aujourd'hui possible, certes extrêmement délicat, et il exige avant tout du respect et de l'humilité. Surtout, pour qu'il y ait une raison valable de voir des touristes arriver à Timika, à Biak, à Agats, à Jayapura, et bien sûr à Wamena, il importe de responsabiliser ces voyageurs en quête d'émotions et d'images fortes.

D'une part, cela passe par deux axes essentiels:

- A leur retour et bien après, les touristes se font les porte-parole informés et engagés de la situation économique, sociale, culturelle et surtout politique des Papous qu'ils rencontrent, visitent ou photographient.

- A leur retour et bien après, les touristes deviennent les avocats de la protection et du respect de l'environnement, en communiquant et informant, sur l'importance des liens entre nature et culture pour les Papous, etc.

D'autre part, il importe de noter que si le tourisme occasionne ici de graves dégradations, d'autres obstacles s'avèrent plus dommageables encore (colons indonésiens, militaires, missionnaires, trafiquants d'art, multinationales forestières et minières, etc.). Ces marchands d'âmes, d'art ou d'affaires menacent bien plus que les touristes l'harmonie et le mode d'être et de penser des sociétés papoues. Pour autant, la présence des touristes est-elle réellement souhaitée par les Papous ? Et souhaitable pour eux ? Impossible de répondre à leur place… Même en territoire korowai, au cœur des marais difficilement accessibles par les touristes en goguette, certains guides ou porteurs ont peur de " trop " parler, et de dire ce qu'il ne faut pas dire. Autrement dit, sortir de leur rôle de figurant ou d'acteur passif qui connaît exactement sa place sur scène, ce qu'il doit dire et ce qu'il doit taire… Ici comme ailleurs, le client-touriste est roi, et son dieu-argent autorise bien des abus de la part des visiteurs et des soumissions des hôtes…Avec les touristes, moins les relations sont intimes plus le sentiment d'étrangeté est fort. Plus l'altérité est grande et moins sont grandes les chances de rencontre culturelle. Je me se souviens d'une singulière " scène de forêt " où des Korowai intimidés vendaient leurs boucliers en bois sculptés à des voyageurs de passage : deux touristes ont acheté deux boucliers au même Papou, tandis que le voisin restait son bouclier au bras et le porte-monnaie vide si l'on peut dire. Seulement, au moment, où s'enclenche la transaction financière, l'heureux Papou soudainement enrichi - l'équivalent pour subvenir à ses besoins, à lui et à sa famille, pour au moins un an ! - laisse tomber à terre (dans la boue en l'occurrence) la liasse de billets, étant donné qu'il s'agit de roupies indonésiennes. C'était en fait la première fois qu'il voyait de l'argent sous forme de billets de banque… On le voit, le décalage entre visiteurs et hôtes est total, problématique aussi.

De fait, " être touristifiable " s'apprend très vite, et les autochtones de partout en jouent au risque d'y perdre parfois leur identité ! Les Papous, comme d'autres, l'ont bien compris, les touristes recherchent de l'authentique, il faut par conséquent tout faire pour leur offrir des traditions authentiques avec un zeste de sauvagerie, sans excès, sinon cela risque d'être trop voyant, et toute l'opération périclite parfois en raison d'une minuscule erreur de parcours… L'ethnotourisme, ou plutôt le tourisme de rencontre partagée, avec son naturel corollaire que représente l'écotourisme, ne seront réellement positifs pour les Papous que sous deux conditions indispensables qui à notre avis structurent toute forme de tourisme qui se voudrait durable : les autochtones doivent être les instigateurs, les décideurs et les bénéficiaires des formes de tourisme qu'ils entendent développer ; les autochtones doivent utiliser les outils technologiques modernes, contrôler l'évolution et les impacts, en se fixant des objectifs précis et à long terme. Deux conditions qui pour l'instant ne sont pas remplies à Papua, faute de moyens, d'éducation et de libertés dont l'accès leur est impossible, toujours contrôlé sinon interdit (Lemonnier, 1999; Michel, 2005 et 2010). Le tourisme d'aujourd'hui balise partiellement les sentiers des exploiteurs de demain avides de profits et de plaisirs ; les jeunes papous tournent le dos aux anciens s'enivrent d'une occidentalisation aux conséquences imprévisibles. On ajoutera que les autorités indonésiennes profitent de la manne du tourisme en provenance des pays riches pour encore mieux " domestiquer " les autochtones. Et donc les soumettre, afin de leur ôter toute envie de se rebeller et rejoindre les militants du mouvement pour une Papouasie Occidentale libre (ce qui s'est encore produit récemment, à l'été 2009, avec les événements de Timika, où les Papous ont procédé à une série d'embuscades dans la zone de la mine de Freeport...). L'Irian Jaya, terme " officiel " pour Papua durant les années de plomb de la dictature de Suharto, et qui signifie " Ouest victorieux ", ne mérite pas son nom, d'ailleurs imposé par les " colonisateurs intérieurs " de Jakarta, mais c'est encore l'Ouest - l'Occident - qui ressort victorieux de cette confrontation, car n'est-ce pas son modèle de civilisation qui tend, ici et là, à l'emporter ? Mais une interrogation demeure : les autochtones ne seront-ils jamais consultés pour débattre de leur propre avenir ? A commencer par le soi-disant et si prometteur " développement touristique "?

 

Ambiance footeuse et multiculturelle au village de Urfu, dans l'ouest de l'île



En guise de conclusion provisoire: quel tourisme culturel et durable un tant soit peu viable?

Sous les effets de la rencontre touristique conjuguée à ceux de la mondialisation, les Papous - tout comme les autres peuples soumis aux même aléas de l'histoire et de la géopolitique - et tout comme nous dirons-nous, aiment désormais posséder de nouveaux objets manufacturés. Des désirs et des besoins apparaissent, nécessitant du même coup plus d'argent pour pouvoir se les procurer. Ces objets, nouvellement acquis, créent de la dépendance auprès des membres de la communauté, suscitant envie et jalousie entre eux, entravant par conséquent les anciens liens de solidarité et de communication tout en hypothéquant des pans entiers des traditions et coutumes ancestrales.

Sous la pression aujourd'hui des caméras, qu'elles soient de TV, de chercheurs, de journalistes ou de touristes, des Papous enlèvent leurs shorts - ou en tout cas leurs hauts - et ne parlent plus comme avant à leurs voisins, ils se voient transformés en acteurs contraints à être passifs de leur propre mal-développement. Dans certains cas extrêmes, ce tourisme-voyeur amène ses clients dans des villages muséifiés qui rappellent les infâmes zoos humains de la " Belle Epoque ". Dans ce contexte, ces autochtones deviennent les victimes très peu consentantes d'un tourisme où tout leur échappe: les bénéfices culturels, les recettes économiques, jusqu'à la dignité... Une fierté perdue, un patrimoine dilapidé, bref une identité en miettes, constituent alors les traces d'un tourisme incontrôlé et aux seules mains des décideurs et opérateurs non autochtones. La nature aussi, si fondamentale pour les peuples en question, est mise à mal, puisque, souvent, en guise d'aménagement du territoire, elle se voit " développée " sans ménagement offrant aux locaux comme aux visiteurs un paysage plutôt dénaturé, avec une nature domestiquée et des forêts privatisées.

Qui n'a pas envie aujourd'hui d'aller voir de près ces fameux " peuples premiers ", à savoir les derniers Jivaros, les derniers Pygmées et autres derniers Papous? Ce sont toujours les " derniers " qui demain seront les premiers... Et ce sont, hélas, toujours des " coupeurs de têtes " et des " rescapés de la préhistoire ", la publicité touristique manque rarement l'occasion de nous le rappeler ! Pourtant, les Papous et d'autres - qui pour certains revendiquent aujourd'hui leur autonomie de la coupe réglée des Etats - ne sont pas consultés pour leurs opinions ou leurs intentions politiques mais sont recherchés pour leurs coutumes " mystérieuses ", " sauvages " et leur mode de vie " ancestral ". Le déni d'histoire est pourtant à la source même de leurs revendications politiques actuelles. Et le risque de folklorisation rôde aux abords des voyages trop historicisés. Mais le folklore peut-il seulement aspirer à devenir autre chose que la survivance d'une tradition en voie de muséification ? Pas évident… Toujours est-il qu'à la quête indispensable des " primitifs " - nos chers compagnons de route et d'humanité - s'ajoute celle non moins essentielle de l'authentique, de l'authenticité, à laquelle on voue aujourd'hui un étrange culte difficilement compréhensible pour les autochtones. Sauf, peut-être, pour gagner de l'argent par le biais du tourisme. L'ethnotourisme, ou plutôt ce que nous appelons " le tourisme de rencontre partagée ", avec son naturel corollaire que représente l'écotourisme, ne seront réellement positifs pour les Papous que sous deux conditions indispensables qui à notre avis structurent toute forme de tourisme qui se veut réellement durable : les autochtones doivent être les instigateurs, les décideurs et les bénéficiaires des formes de tourisme qu'ils entendent développer ; les autochtones doivent utiliser les outils technologiques modernes, contrôler l'évolution et les impacts, en se fixant des objectifs précis et à long terme. Deux conditions qui pour l'instant ne sont pas remplies sur le territoire indonésien, faute de moyens, d'éducation et de libertés… De développement durable aussi pourrait-on dire.

Terminons, comme nous avions commencé, par cette réplique d'une touriste lâchée en Papouasie et empruntée au roman de Stéphane Dovert (2009: 91): " Vous croyez qu'ils vont nous manger? "... C'est en changeant de mots et de regards que le tourisme, demain, changera à son tour. Claude Lévi-Strauss, dont on célèbre aujourd'hui l'oeuvre et le personnage, a écrit un jour que " le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie ", voilà qui reste à méditer pour tout le monde, pour " nous " comme pour " eux ", pour tous les touristes et leurs hôtes. Mais pour qu'une " terre humaine " soit encore demain à l'ordre du jour, il nous faut aussi écouter les propos de Jean Malaurie lorsqu'il précise que, pour progresser (mais également pour survivre, ajouterions-nous), toute société a besoin de contact et d'échange. Autrement dit, la survie des cultures menacées réside dans la capacité des populations de produire, de façonner et de bricoler, un métissage à la fois raisonné et raisonnable. Indispensable avant tout.

 

Bibliographie

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Biak, une plongée dans l'histoire (Papua, Indonésie)

Découverte - en images - d'une île chargée de souvenirs et au littoral aussi paradisiaque que les oiseaux qui l'habitent...


Marché aux poissons de Kota Biak

Dernier saut au crépuscule, Kota Biak

Bureau de vote en plein air à Kota Biak, le 8 juillet 2009 pour les élections présidentielles

Mosquée, Kota Biak

Eglise, Kota Biak

Musée de Kota Biak... désaffecté depuis quelques années

Décoration dans l'enceinte d'un hôtel, Kota Biak

Devant le port de Kota Biak

Tailleurs au vieux marché de Kota Biak

Décoration routière...

Musée Binsari (2e Guerre mondiale)

Armes japonaises (premier plan) et américaines (au fond)

Matériel US, Musée Binsari, près de Kota Biak

Grotte Binsari, où plus de 3000 Japonais ont été tués

Plages, belles et peu fréquentées, du coin de Bosnik...

...mais bétonisation en cours du littoral, près de Bosnik

Sculpture locale, près de Saba, dans l'est de l'île

Cours de catéchisme sous haute protection, plage de Saba

Hôtel international... abandonné et dépouillé, à Saba

Plage de Marao

Plage d'Opiaref

Scène de rires au village côtier d'Opiaref

Cacatoès, à Samber

Obamania au village de pêcheurs de Samber

Plage à Samber

Jeune équipe de foot papoue, très brésilienne, et Ronaldinho Jr ici en pleine action, Samber

Route entre Samber et Urfu

Samber, son église et ses cocotiers...

Village sur pilotis de Urfu

Embarcadère de Urfu